La Haute représentante de l’UE, Kaja Kallas, a annoncé à Accra la livraison de matériel de défense destiné à soutenir le Ghana face aux menaces régionales. « Aujourd’hui, au Ghana, nous avons fourni des équipements, par exemple des drones, mais aussi des systèmes anti-drones. » L’aide inclut des motos, des véhicules et des outils de lutte contre la guerre électronique. Selon Kaja Kallas, ces équipements répondent aux besoins urgents du pays : « les autorités ghanéennes nous ont expliqué qu’elles avaient besoin de protéger leurs frontières, de savoir ce qui arrive. »

Cet accord s'inscrit dans le cadre d'un programme de soutien plus large de l'UE démarré en 2023, d'un montant de 50 millions d'euros.<span class="copyright">Francis Kokoroko/REUTERS</span>

Cet accord s’inscrit dans le cadre d’un programme de soutien plus large de l’UE démarré en 2023, d’un montant de 50 millions d’euros.Francis Kokoroko/REUTERS

Défense, cybersécurité et lutte antiterroriste

Kallas insiste sur une convergence des défis entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. Les deux régions partagent des préoccupations croissantes liées au terrorisme, à la cybersécurité et aux menaces hybrides.

« Nous pouvons certainement travailler ensemble pour lutter contre le terrorisme, renforcer la cybersécurité et traiter des questions qui concernent nos citoyens respectifs « , a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne.

Ce partenariat vise à renforcer la stabilité régionale à travers un soutien logistique, technique et stratégique, mais également par un partage d’expertise.

L’Union européenne adopte une approche globale : la sécurité ne se limite plus aux moyens militaires. Kallas rappelle que les facteurs économiques sont au cœur des crises qui frappent la région. « Nous soutenons également une approche plus large en matière d’économie, car il est important de traiter les causes profondes de l’instabilité, souvent liées à l’économie. »

Via Global Gateway et d’autres mécanismes de financement, Bruxelles soutient des projets de développement, d’infrastructures et d’innovation pour réduire la vulnérabilité des populations et limiter les risques de migration forcée.

L'UE a renforcé son soutien aux pays du golfe de Guinée alors que les groupes jihadistes s'étendent vers le sud, profitant de la porosité des frontières.<span class="copyright">Michael Kappeler/dpa/picture alliance</span>

L’UE a renforcé son soutien aux pays du golfe de Guinée alors que les groupes jihadistes s’étendent vers le sud, profitant de la porosité des frontières.Michael Kappeler/dpa/picture alliance

L’UE veut devenir le partenaire privilégié de l’Afrique

Face à la concurrence croissante des États‑Unis, de la Chine et de la Russie, l’UE affirme remodeler son approche. Elle met l’accent sur des partenariats  » non transactionnels « , reposant sur la création de valeur locale.

Kaja Kallas souligne que l’UE souhaite que les matières premières critiques et l’énergie servent à bâtir des industries africaines durables : « Nous fournissons la technologie, mais les emplois doivent rester ici, en Afrique. Les matières premières critiques doivent être utilisées pour développer vos industries et apporter une valeur ajoutée sur le continent. »

L’objectif est clair : favoriser l’emploi et la croissance en Afrique pour réduire l’instabilité et, par ricochet, la pression migratoire vers l’Europe. L’Union européenne souhaite établir des relations plus équitables, fondées sur la complémentarité plutôt que sur la dépendance. Les partenariats bilatéraux, notamment sur l’énergie et les ressources stratégiques, doivent permettre aux pays africains d’augmenter leur autonomie et leur prospérité.

« Nous voulons que leurs bénéfices restent en Afrique. Il est important pour nous qu’il y ait de l’emploi et de la croissance ici, car cela réduit l’instabilité et la pression migratoire vers l’Europe. Les gens ne veulent quitter leur foyer que s’ils n’ont vraiment pas le choix. Il est donc dans notre intérêt que les pays africains prospèrent », insiste Kaja Kallas

En misant sur la sécurité, l’innovation, l’économie et la souveraineté industrielle, Bruxelles entend construire un modèle de coopération inédit, pensé pour durer et répondre aux défis globaux de demain.