
La zone qui génère l’essentiel de la croissance du groupe (+12,2% en 2025) ne dispose d’aucune instance de représentation collective. Les syndicats de quatre pays ont écrit à la direction pour dénoncer cette « inégalité de traitement »
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« Alors que nos collègues français ont reçu 1.000 euros pour fêter les résultats, et que les cadres dirigeants ont obtenu 0,15% du capital (contre 0,12% en 2024), nous, qui générons l’essentiel de la croissance, n’avons eu droit qu’à des remerciements », témoigne un salarié cité par Mediapart.
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Ce sentiment d’injustice s’étend à la gouvernance du groupe. Contrairement aux zones France et Europe qui disposent d’instances dédiées au dialogue social, la région Afrique-Moyen-Orient ne bénéficie d’aucun cadre spécifique. Le « comité Monde » existant depuis 2010, qui réunit la direction générale et des représentants des filiales détenues à au moins 10% par Orange SA, ne permet pas de traiter les enjeux propres aux filiales africaines.
« Ses membres y remontent les réalités du terrain sans pouvoir en débattre. Et comme le comité ne se réunit qu’une fois par an, le suivi des situations signalées reste très limité », constate Marie-Hervée Agotioh Gabaud, secrétaire internationale de la CFE-CGC Orange, syndicat majoritaire chez Orange France, interrogée par Fanny Pigeaud.
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L’entreprise justifie son refus en affirmant que ses collaborateurs d’Afrique-Moyen-Orient ne connaissent pas de « problématique particulière », citant une enquête interne qui ferait apparaître un niveau de satisfaction « bien au-dessus de la moyenne » du groupe.
« Mépris de classe », réagit Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC Orange. Comment prétendre qu’il n’existe pas de difficultés dans des contextes souvent instables marqués par des crises politiques, des enjeux sécuritaires et des tensions économiques ? « Et pendant ce temps, les dirigeants d’Orange vivent et voyagent en business class », dénonce-t-il, soulignant l’écart entre les quatre millions d’euros annuels versés à la directrice générale et les quelques centaines d’euros d’un travailleur au Burkina Faso.
Lire l’article complet sur Seneplus.com – 23/03/2026