Costume ou tailleur, parfois cravate ou talons : pour incarner pendant trois jours des délégués représentants les États membres du Conseil de l’Europe , les lycéens n’ont pas fait les choses à moitié. Cela fait un an et demi que le lycée Marie-Curie, ses enseignants et 52 lycéens volontaires de l’établissement travaillent à ce projet pédagogique ambitieux de modélisation. Non pas de l’ONU comme c’est parfois le cas, mais – localisation oblige – du Conseil de l’Europe , autre organisation internationale qui accueillera d’ailleurs la centaine de participants pour leur assemblée plénière.
« J’ai voulu tenter quelque chose d’important »
« Pour eux ce n’est pas un jeu », relève le proviseur Farouk Kanouni en circulant parmi les cinq commissions réunies ce 26 mars dans différentes salles du Conseil régional. Dans un établissement à forte mixité sociale où « on peut être très vite ghettoïsé » selon son expression, le proviseur et ses équipes ont souhaité démontrer aux élèves que « tout est possible ».
« La diplomatie, c’est un monde que je ne connaissais pas. Mais pour ma dernière année au lycée, j’ai voulu tenter quelque chose d’important », pose ainsi Elena Doroshkov, catapultée secrétaire générale pour quelques jours. « J’ai appris plein de choses en politique étrangère et sur l’art oratoire », illustre Alice Grunert, qui préside une commission dans un anglais parfait.
« Droit humain et justice climatique »
Pour l’occasion, des élèves de lycées roumain, allemand, polonais et italien ont été conviés à prendre part aux débats portant sur « des thématiques du quotidien qui nous concernent au premier chef » selon la « secrétaire générale » : « droit humain et justice climatique », « gestion durable de l’eau », « sécurité des défenseurs de l’environnement et liberté d’expression », « jeunesse, éducation et engagement climatique » et « migration, climat et solidarité internationale ».
Cette modélisation, pensée pour familiariser les élèves avec les mécanismes de prise de décisions européens, encourager la confrontation respectueuse des idées et la connaissance des droits humains, de la démocratie et de l’État de droit, pourrait à l’avenir être renouvelée chaque année.