Le Saint Martin, tout nouveau navire de l’armateur français SeaOwl, a pu être aperçu à Brest récemment, avant de repartir pour son port d’attache de Dunkerque. Ancienne unité offshore rachetée à l’armement norvégien DOF, il vient renforcer la flotte de navires plastrons de SeaOwl, déjà composée des Partisan et Rebel, exploités au profit de la Marine nationale. Le Saint Martin, lui, va travailler au profit de la marine néerlandaise pour l’entrainement à l’appontage de ses pilotes d’hélicoptères NH90. Il pourra remplir les mêmes fonctions au profit des marines belge et allemande.

Construit par le chantier Vard de Langsten, en Norvège, le Saint Martin a été mis en service en 2002. Ce navire est à la base un remorqueur ravitailleur releveur d’ancres (Anchor Handling Tug Supply – AHTS) qui avait jusqu’ici travaillé dans l’industrie offshore. Il a été précédemmment exploité sous les noms de Maersk Handler puis Skandi Handler. Long de 80 mètres pour une largeur de 18 mètres et un tirant d’eau de 6.6 mètres, ce navire offre un port en lourd de 2593 tonnes et affiche une puissance propulsive de 12.880 kW, avec comme moteurs principaux quatre Wärtsilä (deux 8L32 et deux 6L32). Il compte deux hélices, deux propulseurs transversaux (un à l’avant, l’autre à l’arrière) et un propulseur azimutal rétractable, ce qui lui donne une capacité de positionnement dynamique DP2. Son autonomie est de 70 jours à vitesse de croisière (12 nœuds). Offrant une capacité de traction (bollard pull) de 176.7 tonnes, il dispose d’un pont de travail de 527 m² et de différents moyens de manutention, dont une grue pouvant lever de charges de 13 tonnes à une distance de 13 mètres. Sa capacité de chargement est de 1500 tonnes. 

Racheté par SeaOwl à l’armement norvégien DOF, le Skandi Handler a été livré à son nouveau propriétaire le 18 novembre dernier à Dunkerque. Il a été renommé Saint Martin et réimmatriculé au Registre International Français (RIF). Armé par 12 marins français, il vient renforcer la flotte de navires plastrons de la compagnie, qui compte déjà le Partisan (84 mètres) et le Rebel (75 mètres), respectivement basés à Brest et Toulon, d’où ils servent aux entrainements des différentes unités de la Marine nationale. 

 

Le Partisan. 

 

Le Rebel. 

 

Le Saint Martin, lui, sera employé dans le cadre d’un marché de soutien à la marine néerlandaise pour la qualification à l’appontage, de jour comme de nuit, des pilotes d’hélicoptères NH90. SeaOwl a en effet remporté l’appel d’offres inhérent à cette prestation, ce qui a déclenché l’acquisition de son nouveau navire. Comme pour la flotte française, il s’agit d’un marché à bons de commande d’une durée de 7 ans qui, au-delà de la Koninklijke Marine, verra se greffer aussi des séquences de qualification et d’entrainement pour les NH90 des marines belge et allemande. C’est pourquoi le Saint Martin, dont le nom fait référence à l’île franco-néerlandaise des Antilles, est basé à Dunkerque, puisque sa zone de travail prioritaire sera la mer du Nord. Il pourra aussi, entre deux missions au profit de ces clients, être employé dans le cadre du renforcement des entrainements de la Marine nationale., notamment pour servir de « back up » aux Partisan et Rebel. En plus des qualifications à l’appontage des pilotes d’hélicoptères de l’aéronautique navale voire d’autres armées, ces derniers servent notamment, lors d’exercices, de navires à escorter (ou à couler) et mettent en œuvre différents moyens (embarcations rapides, drones multi-milieux, cibles…) développés par SeaOwl. Le groupe a par exemple conçu ses propres drones de surface sur une base de jet-skis complètement modifiés pouvant attaquer en meutes, contre lesquelles les bâtiments français doivent se défendre (avec des tirs réels au but pour un réalisme complet). 

 

Le Saint Martin quittant Brest le 14 mars pour rentrer à Dunkerque. 

 

La récente présence à Brest du Saint Martin tient d’ailleurs au fait qu’il y a temporairement remplacé le Partisan, avec lequel SeaOwl a commencé début mars ses prestations au profit des NH90 de la marine néerlandaise. Le Partisan, qui est depuis rentré à Brest, est en effet doté d’une plateforme hélicoptère, ce qui n’est pas encore le cas du Saint Martin, revenu à Dunkerque le 16 mars. Les travaux vont avoir lieu cet été, non pas dans le port nordiste mais au chantier espagnol Astander, a appris Mer et Marine, afin que le nouveau navire puisse accueillir ses premiers hélicoptères au mois de septembre. 

 

Première campagne avec des NH90 de la marine néerlandaise pour SeaOwl, à bord du Partisan le 2 mars dernier. 

 

Le Saint Martin est le septième navire de la flotte de SeaOwl, s’ajoutant aux Partisan et Rebel, mais aussi aux bâtiments de soutien et d’assistance Pionnier (Toulon) et Sapeur (Brest), ainsi qu’aux navires de sauvetage Ridens (Dunkerque) et Minck (Calais), ces quatre derniers étant affrétés par la Marine nationale. Ces sept navires sont armés sous pavillon français et armés par des équipages français, la compagnie employant désormais 150 marins. 

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