Le Royaume-Uni avait mis en place un même système avec le Rwanda, mais Londres a rapidement abandonné le projet, là encore en raison d’obstacles judiciaires. Les deux pays s’affrontent désormais devant les tribunaux car le Rwanda demande le paiement des sommes promises.
Au cours des dernières semaines, un petit groupe d’États membres de l’UE (le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas) s’est formé afin d’étudier ces deux modèles et d’apprendre de leurs « erreurs », selon un diplomate.
Ils souhaitent conclure d’ici la fin de l’année, des accords avec des pays tiers afin de mettre en place ces centres de retour, a expliqué le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt.
La France et l’Espagne se montrent pour l’instant sceptiques sur l’efficacité de ces hubs et sont restés en retrait des discussions.
Le texte prévoit des sanctions
Le texte adopté, ce jeudi même, prévoit, en outre, des règles et sanctions plus strictes pour les déboutés d’asile refusant de quitter le territoire de l’UE, comme des confiscations de documents d’identité, des détentions et des interdictions d’entrée prolongées sur le territoire.
Enfin, il inclut une reconnaissance mutuelle des décisions prises par un Etat membre, l’objectif étant, par exemple, qu’une décision prononcée en France puisse s’appliquer en Espagne et vice versa.
Un vote qui constitue « un recul historique des droits des réfugiés », a alerté Marta Welander, de l’ONG humanitaire International Rescue Committee, s’inquiétant de la multiplication des « détentions de personnes vulnérables, y compris d’enfants ».
Comme d’autres mesures migratoires, ce texte a avancé au Parlement grâce à une collaboration renforcée entre élus de droite et d’extrême droite – une alliance qui a provoqué des remous en Allemagne et a été vivement critiquée par le chancelier Friedrich Merz.
« L’histoire se souviendra que la droite dite modérée a sonné le glas du peu qui restait du cordon sanitaire, par une collaboration active avec l’extrême droite dans l’écriture de ce texte », a lancé l’eurodéputée écologiste Mélissa Camara, très opposée au texte.