Résumé de l’article
— Le chef de l’armée ougandaise affirme que Kampala pourrait entrer en guerre aux côtés d’Israël en cas de menace existentielle
— Muhoozi Kainerugaba multiplie les déclarations spectaculaires, évoquant même la capacité de prendre Téhéran en 72 heures
— Ces prises de position, non confirmées officiellement, illustrent l’extension politique du conflit au-delà du Moyen-Orient
Sommaire
L’Ouganda pourrait-il s’inviter dans la guerre entre Israël et l’Iran ? La question, improbable il y a encore quelques jours, a été posée de manière frontale par le chef des forces armées ougandaises, le général Muhoozi Kainerugaba.
Dans une série de messages publiés sur les réseaux sociaux, le fils du président Yoweri Museveni a affiché un soutien sans ambiguïté à Israël, tout en évoquant la possibilité d’une implication militaire directe de son pays.
« Toute tentative de détruire ou de vaincre Israël nous entraînera dans la guerre, aux côtés d’Israël », a-t-il affirmé, tout en appelant paradoxalement à une fin rapide du conflit au Moyen-Orient.
If Israel needs help, it only need ask. Their Ugandan brothers are ready to assist.
— Muhoozi Kainerugaba (@mkainerugaba) March 25, 2026
Une rhétorique martiale… et spectaculaire
Le chef militaire ougandais est allé bien au-delà d’un simple soutien politique. Il a affirmé que les forces armées de son pays étaient prêtes à intervenir si le conflit se prolongeait, évoquant même la possibilité de participer directement aux opérations.
Dans un message ensuite supprimé, il a assuré que ses troupes pourraient « prendre Téhéran en 72 heures sans bombardement », une déclaration qui a suscité scepticisme et interrogations sur sa crédibilité réelle.
Le général a également indiqué avoir proposé l’aide de l’Ouganda à la fois aux États-Unis et à Israël, s’inscrivant ainsi dans une logique d’alignement stratégique affirmé.
Ces prises de position s’inscrivent dans un style déjà connu. Muhoozi Kainerugaba est en effet coutumier des déclarations provocatrices sur les réseaux sociaux, ayant par le passé menacé d’envahir le Kenya ou tenu des propos virulents contre l’opposition ougandaise.
Un soutien ancré dans l’histoire… et la religion
Au-delà de la surenchère militaire, le général a tenté de justifier ce positionnement par des arguments historiques et idéologiques.
Il a rappelé le soutien apporté par Israël à l’Ouganda dans les années 1980 et 1990, estimant que son pays avait aujourd’hui le devoir de rendre la pareille. Il a également mis en avant la progression économique de l’Ouganda, évoquant un PIB de 100 milliards de dollars, pour justifier sa capacité à s’engager sur la scène internationale.
Mais c’est surtout la dimension religieuse qui a marqué ses déclarations. Kainerugaba a explicitement affirmé que son soutien à Israël reposait aussi sur une proximité chrétienne, citant des passages bibliques et inscrivant ce positionnement dans une lecture spirituelle du conflit.
Dans le même esprit, il a récemment annoncé la construction d’une statue en hommage à Yonatan Netanyahu à l’aéroport d’Entebbe, en référence à l’opération israélienne de 1976 au cours de laquelle l’officier avait été tué.
Une prise de position aux implications limitées
Malgré leur ton spectaculaire, ces déclarations doivent être relativisées. L’Ouganda ne dispose pas de relations diplomatiques particulièrement étroites avec Israël, et aucune annonce officielle du gouvernement n’est venue confirmer une éventuelle implication militaire. Par ailleurs, les propos du chef de l’armée, bien que significatifs, ne constituent pas en eux-mêmes une décision politique formelle.
Ils traduisent néanmoins une réalité plus large : la guerre entre Israël et l’Iran suscite désormais des réactions bien au-delà du Moyen-Orient, certains acteurs cherchant à s’y positionner, ne serait-ce que sur le plan symbolique ou politique.
Dans ce contexte, les déclarations de Muhoozi Kainerugaba apparaissent autant comme une démonstration de loyauté envers Israël que comme une tentative d’affirmation personnelle sur la scène internationale.
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