Avec notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst

C’est une première à forte portée symbolique : le Kenya a expédié sa première cargaison vers la Chine en franchise totale de droits de douane, dans le cadre du dispositif « zéro tarif » accordé par Pékin à plusieurs pays africains.

Huile d’avocat, café, produits pour animaux : la cargaison partie le 23 mars sert de test grandeur nature pour ce nouveau régime qui permet une entrée sans droits de douane sur le marché chinois. Un avantage compétitif important pour Nairobi, dans un contexte de concurrence accrue entre exportateurs, notamment sur les produits agricoles.

Une partie du fret a été acheminée par le Madaraka Express [*] jusqu’au port sec de Nairobi, avant de rejoindre Mombasa, illustrant le rôle central des infrastructures dans cette stratégie d’exportation et d’intégration logistique.

L’arrivée en Chine est attendue début mai, au moment de l’entrée en vigueur officielle du dispositif préférentiel.

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Réduire une balance commerciale ultra déficitaire

Pour le Kenya, l’enjeu est stratégique : doper ses exportations agricoles vers un marché immense – thé, café, avocat – et réduire un déficit commercial massif. En 2024, le pays a importé plus de 4 milliards de dollars de biens chinois, contre environ 200 millions d’exportations.

Mais pour de nombreux analystes, l’ouverture du marché chinois ne suffira pas à elle seule. Sans transformation locale ni montée en gamme, le risque est de renforcer la dépendance aux produits bruts, au détriment des ambitions d’industrialisation du continent.

[*] Un train rapide reliant Mombasa à la capitale.