Avec ses jolies maisons de pierres blondes, son panorama sur les méandres de la Dordogne et ses tables gourmandes, le petit village de Trémolat est un symbole de la douceur de vivre en Périgord. Si bien que des Français ou étrangers fortunés viennent y couler une retraite tranquille. Mais le 29 avril 2025, un meurtre d’une rare violence a taché de sang la carte postale : une expatriée de 65 ans a été tuée de huit coups de couteau.Son nom : Karen Carter. L’événement a bouleversé le village et braqué une lumière crue sur cette petite communaut…

Avec ses jolies maisons de pierres blondes, son panorama sur les méandres de la Dordogne et ses tables gourmandes, le petit village de Trémolat est un symbole de la douceur de vivre en Périgord. Si bien que des Français ou étrangers fortunés viennent y couler une retraite tranquille. Mais le 29 avril 2025, un meurtre d’une rare violence a taché de sang la carte postale : une expatriée de 65 ans a été tuée de huit coups de couteau. Son nom : Karen Carter. L’événement a bouleversé le village et braqué une lumière crue sur cette petite communauté cosmopolite.

Ironie de l’histoire, en 1969, Trémolat avait séduit le réalisateur Claude Chabrol, qui y tourna « Le Boucher », avec Jean Yanne et Stéphane Audran. Un de ses films les plus noirs, dans lequel le boucher du village assassine une jeune fille à coups de couteau.

Bien intégrée

Les jours suivant le meurtre, la commune a vu débarquer en nombre les services de la gendarmerie mais aussi la presse locale, nationale et internationale. Les premiers multipliaient les auditions et tentaient de retrouver l’arme du crime, tandis que les autres interrogeaient les habitants pour saisir les dessous de l’affaire. Et ils sont allés de surprise en surprise.

De parents britanniques, Karen Carter a grandi en Afrique du Sud. Elle y a vécu plus de trente ans avec son mari, Alan, avec qui elle a eu quatre enfants. Au début des années 2010, la famille avait acheté et rénové une belle maison périgourdine avec sa grange dans un hameau à quelques kilomètres du village. Karen louait ces habitations en chambres d’hôtes.

Les derniers temps, elle passait de plus en plus sa vie à Trémolat, ne revenant que rarement en Afrique du Sud. Elle était très intégrée localement et gérait avec d’autres bénévoles le Café Village, poumon des animations et de la vie associative.

Crime passionnel ?

Au Café Village, Karen avait rencontré un homme de dix ans son aîné, avec qui elle aurait entamé une relation. Il a été le premier placé en garde à vue. En effet, la victime a été tuée après avoir quitté une soirée qui se tenait chez lui. L’homme a expliqué aux enquêteurs qu’il devait la rejoindre chez elle et qu’elle l’avait précédé d’une dizaine de minutes.

En arrivant, il l’avait trouvée gisant dans son sang au pied de sa voiture garée devant sa maison. Cet homme a été libéré sans inculpation, non sans avoir évoqué une autre piste, celle d’une femme qui aurait pu être en rivalité amoureuse avec la victime. Cette habitante du village, âgée de 65 ans, a été mise en garde à vue dans la foulée et sa propriété a été fouillée. Elle est ressortie libre.

Les enquêteurs ont aussi exploré la piste de la famille restée en Afrique du Sud. Karen Carter aurait en effet décidé de demander le divorce juste avant sa mort. Elle faisait partie d’une équipe de footballeuses de plus de 50 ans, les Reines du foot. Un mois avant son décès, elle s’était envolée avec elles pour participer à un tournoi, retournant en Afrique du Sud à cette occasion.

L’enquête ne se limite pas à ces trois protagonistes. Des dizaines d’auditions ont été menées dans l’entourage de la victime. Les cercles associatifs, les ouvriers qui ont travaillé pour elle, les voisins, etc. Sans oublier la possibilité d’une « mauvaise rencontre » alors qu’elle rentrait chez elle.

Appel à témoins

Les militaires ont prélevé l’ADN de plusieurs personnes de l’entourage de Karen Carter, dont la dizaine qui avait participé à la soirée précédant le drame – une dégustation de vin chez son ami. Fin novembre, la gendarmerie publie un appel à témoins (1) dans les médias et sur les réseaux sociaux pour tenter de recueillir de nouveaux éléments.

Depuis, aucune nouvelle information n’a filtré du côté du parquet de Périgueux, ce qui laisse penser que l’enquête ouverte pour assassinat progresse peu. Rien sur l’arme du crime, rien sur de nouvelles gardes à vue. On sait simplement que l’enquête se poursuit et qu’aucune piste n’est écartée, ni aucun suspect potentiel.

Le corps de Karen Carter a été restitué à la famille après avoir été autopsié. Elle a été incinérée le 15 mai à Bergerac en présence de ses proches, et une cérémonie d’adieu a été organisée dans une église chrétienne d’East London, en Afrique du Sud, début juin, en présence de près de 200 personnes.

(1) Par courriel à contact-dsr-hom24@gendarmerie.interieur.gouv.fr ou par téléphone au 06 07 55 81 46.