Les lignes bougent dans les stratégies d’embauche européennes, moins attirées par les États-Unis et plus attentives aux ressources disponibles sur le continent, alors que la bataille pour les compétences se durcit.

La France donne le ton, portée par des recrutements plus proches et par des arbitrages financiers moins favorables au marché américain. Derrière les embauches en France, la mobilité des talents recompose le marché du travail européen, tandis que profils techniques restent happés par les groupes d’outre-Atlantique. Le mouvement s’accélère.

La France privilégie les talents locaux et ses voisins européens

En France, les embauches enregistrées par Deel ont bondi de 62 % sur un an. Cette poussée traduit un recentrage visible, avec 50,5 % des recrutements effectués dans le pays même, signe d’un recrutement local assumé sur les fonctions data, IA, vente et marketing.

Les États-Unis, premiers en 2024, tombent au troisième rang en 2025. Ce glissement profite au vivier de talents de proximité, surtout vers l’Espagne et l’Allemagne, tandis que la photographie dressée par Deel repose sur des contrats actifs suivis sur sa plateforme encore directement.

Pourquoi les salaires américains pèsent dans les choix de recrutement

Maxime Hoff, porte-parole de Deel en France, résume l’arbitrage : recruter aux États-Unis revient bien plus cher. Sur les postes data et IA, les niveaux de rémunération grimpent à un point tel que certaines entreprises françaises revoient leur copie.

Le différentiel évoqué par Deel atteint près du double par rapport à l’Europe, ce qui pèse sur chaque budget. Dans cette équation, les écarts salariaux nourrissent une vraie guerre des talents et poussent bien des recruteurs vers des bassins européens plus proches pour leurs recrutements en 2025.

Les entreprises américaines gardent la main sur les profils techniques européens

Le mouvement n’efface pas la puissance américaine sur le marché européen. En France, en Allemagne et en Suède, les États-Unis restent premiers pour attirer des profils techniques, un signal net sur les fonctions où la demande demeure encore la plus vive.

Les métiers les plus pointus restent au cœur du mouvement. Dans ces échanges, les embauches transatlantiques profitent de l’attractivité des employeurs américains, portée par des salaires élevés, des équipes mondiales et une capacité intacte à capter les talents européens.

Ce que révèle l’étude de Deel sur les flux d’embauche en 2025

Datée du 11 mars 2026 à Paris, l’étude couvre 150 pays et s’appuie sur une base très large. Le rapport de Deel agrège plus d’un million de contrats et l’activité de 37 000 clients pour suivre les mouvements d’embauche en 2025.

Pour établir ses comparaisons avec 2023 et 2024, Deel retient les contrats actifs, payés ou gérés sur sa plateforme. Les rémunérations sont converties en dollars américains à partir du taux de change moyen de 2025, sur la base des données de paie collectées pour chaque pays observé.