L’entreprise australienne Syrah Resources veut lever environ 72 millions de dollars, soit près de 62 millions d’euros, auprès d’investisseurs pour soutenir ses opérations, en particulier sur sa mine de graphite de Balama au Mozambique et son usine de transformation aux États-Unis. Cette opération intervient alors que le groupe cherche à stabiliser son activité dans un marché du graphite marqué par une demande irrégulière et des prix sous pression.

Augmentation du capital

Dans le détail, Syrah Resources a engagé une augmentation de capital en deux volets, destinée à des investisseurs institutionnels et à des actionnaires particuliers. La première phase a déjà permis de sécuriser environ 30 millions de dollars auprès d’investisseurs institutionnels, principalement en Australie et aux États-Unis. Une seconde tranche, ouverte aux actionnaires individuels, devrait compléter l’opération pour atteindre le total.

Concrètement, l’entreprise émet de nouvelles actions, proposées à un prix fixé à l’avance, afin de renforcer sa trésorerie. Cette opération s’inscrit dans une série de financements mobilisés ces dernières années pour soutenir ses activités, notamment avec l’appui d’institutions américaines.

Les fonds doivent permettre de maintenir la production sur le site de Balama et d’accompagner le développement de l’usine de transformation de graphite de Vidalia, en Louisiane. Cette installation est conçue pour produire un matériau actif d’anode, une poudre de graphite purifiée utilisée dans les batteries lithium-ion.

L’entreprise met en avant la nécessité de sécuriser ses capacités financières pour accompagner la montée en puissance de ses activités et stabiliser ses flux de trésorerie à court terme.

Une mine stratégique confrontée à un marché instable

Cette levée de fonds intervient dans un environnement plus complexe pour Syrah Resources. Malgré son statut de plus grande mine de graphite d’Afrique, avec une capacité estimée à 350 000 tonnes par an, le site de Balama a connu plusieurs interruptions ces dernières années.

La baisse des prix du graphite sur le marché mondial, combinée à une demande fluctuante, a conduit l’entreprise à adapter son mode d’exploitation. La production est désormais organisée par périodes, en fonction des conditions du marché, ce qui limite la régularité des volumes extraits.

Face à cette situation, Syrah cherche à sécuriser des débouchés pour sa production. Début mars, l’entreprise a ainsi conclu un accord avec la société canadienne NextSource Materials pour fournir du graphite sur plusieurs années. Ces volumes doivent alimenter un projet d’usine de production de matériaux pour batteries aux Émirats arabes unis.

En parallèle, le groupe développe une chaîne d’approvisionnement intégrée entre l’Afrique et les États-Unis. Le graphite extrait au Mozambique est destiné à être transformé à Vidalia, dans le cadre des efforts américains visant à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine pour les minéraux critiques.

Mais cette stratégie se heurte à plusieurs contraintes. Le marché du graphite évolue rapidement, sous l’effet notamment de la montée en puissance du graphite synthétique, largement produit en Chine, qui exerce une pression sur les prix. Dans le même temps, les exigences techniques des fabricants de batteries imposent une qualité constante du matériau, ce qui complexifie les opérations industrielles. Dans ce contexte, la levée de fonds engagée par Syrah apparaît comme une étape nécessaire pour lui permettre de maintenir ses activités et poursuivre le développement de sa chaîne de valeur.