La Côte d’Ivoire est un exportateur net d’électricité vers le Mali, le Burkina Faso et le Ghana. Pourtant, la nation éburnéenne fait face à ses propres défis internes dans le secteur de l’énergie.

CI-Énergies, la société d’État en charge de la planification de l’offre et de la demande en énergie électrique en Côte d’Ivoire, a récemment annoncé un ambitieux programme d’investissement d’environ 1 milliard d’euros pour renforcer son réseau électrique.

Selon les propos de son directeur général, Noumory Sidibé, relayés dans les médias locaux, ce plan permettra notamment d’améliorer la qualité de l’électricité fournie aux Ivoiriens grâce à des travaux prévus dans le district d’Abidjan et dans plusieurs autres localités.

Des tensions en dépit d’une croissance de l’offre

Dans la première économie de l’UEMOA, le Grand Abidjan a été le théâtre ces dernières semaines de coupures intempestives observées dans de nombreux quartiers, générant inquiétudes et frustrations chez les ménages et entreprises. Des perturbations causées par des pics de consommation inhabituels, avec des vagues de chaleur exceptionnelles qui boostent l’usage des climatiseurs et ventilateurs, et qui illustrent les limites du réseau de distribution.

En effet, si selon les données officielles, la capacité installée a été plus que doublée entre 2011 et 2014, passant de 1 391 MW à 3 019 MW, l’infrastructure de transport peine encore à suivre le rythme de l’évolution de la consommation, dans un contexte de demande énergétique en hausse constante, portée par l’amélioration du taux d’accès à l’électricité.

Le Programme Électricité Pour Tous (PEPT) a fait passer le taux d’électrification de 34 % en 2011 à 98 % en 2025. Près de 500 000 nouveaux abonnés ont été raccordés, desservant plus de 6 600 localités en 15 ans, contre 2 800 en 50 ans auparavant. Cette expansion fulgurante a mécaniquement accru la pression sur le réseau, et accru les risques de surcharge et de délestage.

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Selon les données officielles, le temps moyen des coupures a atteint 26 heures 13 minutes en 2024, contre 17 heures 54 minutes en 2021.

Des enjeux importants

Cette annonce de CI-Energies souligne la nécessité d’associer les efforts du gouvernement pour un accès abordable à l’électricité à une montée en puissance du système de transport et de distribution. En Côte d’Ivoire, le secteur électrique, libéralisé depuis 2014, repose sur un écosystème multipartite impliquant producteurs, transporteurs, ainsi que des distributeurs, dont la Compagnie Ivoirienne d’Électricité (CIE), filiale du groupe franco-américain Eranove.

Dans un contexte d’économie en forte croissance et d’industrialisation accélérée, le pays doit à la fois augmenter sa production d’électricité et la distribuer de manière adéquate pour répondre aux besoins des ménages et des entreprises. Avec le National Energy Compact et le Pacte national Énergie 2025-2030, Abidjan envisage notamment de mobiliser 4,5 milliards d’euros d’investissements, dont 2,6 milliards dédiés aux infrastructures de transport électrique.

Un objectif qui vient compléter des ambitions plus larges dans la transformation du mix énergétique. Les autorités prévoient en effet l’intégration d’au moins 1 GW de capacités renouvelables supplémentaires, et le relèvement de la part des énergies renouvelables à 45% du mix électrique à l’horizon 2030, contre environ 8% actuellement.