Porté par la volonté des autorités algériennes de relancer le secteur minier, le projet Tala Hamza vise à valoriser un gisement parmi les plus importants au monde pour le zinc et le plomb, métaux utilisés dans la construction et l’industrie. Il associe des entreprises publiques algériennes à la compagnie australienne Terramin.
Dans une mise à jour publiée lundi 30 mars, l’australien Terramin indique que la coentreprise Bejaia Zinc and Lead (BZL), en charge du projet minier Tala Hamza, est en discussions avancées avec une banque publique algérienne en vue de la mise en place d’un financement de long terme.
Selon la compagnie, cet établissement, dont le nom n’est pas précisé, se montre disposé à soutenir des projets considérés comme ayant une « importance nationale », une catégorie dans laquelle s’inscrit Tala Hamza au regard des ambitions industrielles du pays. La banque évoque, apprend-on, la possibilité d’un financement « substantiel » et à des « conditions attractives ».
La société n’a toutefois communiqué aucun montant à ce stade, ni aucun calendrier de conclusion. D’après les nouvelles estimations publiées cette semaine, le projet devrait nécessiter un investissement initial d’environ 415 millions de dollars (361 millions d’euros) pour sa mise en production. Ce chiffre inclut le développement de la mine souterraine, la construction de l’usine de traitement, ainsi que les infrastructures associées. Sur l’ensemble de sa durée de vie, les besoins en capital sont évalués à environ 455 millions de dollars (397 millions d’euros).
La rentabilité comme levier d’attractivité
Pour appuyer les négociations en cours, Terramin met en avant des indicateurs financiers présentés comme solides dans son étude minière actualisée.
Le projet affiche une valeur actuelle nette (NPV) d’environ 640 millions de dollars après impôts. Cet indicateur correspond à la valeur estimée des flux de trésorerie futurs générés par la mine et constitue un outil de référence pour évaluer la création de valeur d’un investissement.
Le taux de rentabilité interne (IRR), qui mesure la rentabilité attendue du capital investi, est estimé à environ 23%. Le projet prévoit par ailleurs un retour sur investissement en près de quatre ans à partir du début de la production.
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Sur l’ensemble de sa durée de vie, les revenus cumulés devraient totaliser plus de 5,6 milliards de dollars, pour un excédent brut d’exploitation d’environ 3,1 milliards de dollars. Ces projections reposent sur des hypothèses de prix à long terme pour le zinc et le plomb, ainsi que sur des coûts d’exploitation jugés compétitifs à l’échelle internationale. La compagnie précise qu’il n’existe aucune certitude quant à la réalisation effective de ces prévisions.
Un projet au cœur de la stratégie minière algérienne
Situé près de Béjaïa, le projet Tala Hamza repose sur un gisement hébergeant 53 millions de tonnes de ressources minérales. Il devrait produire chaque année plus de 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb sous forme de concentrés, destinés en partie à la transformation locale.
Le projet est porté par une coentreprise détenue à 49% par Terramin et majoritairement par des entités publiques algériennes, dont l’Entreprise nationale des produits miniers non ferreux (ENOF) et l’Office national de la recherche géologique et minière (ORGM).
Avec une durée de vie estimée à environ 20 ans, il se positionne pour devenir l’une des principales exploitations de métaux de base du pays. À pleine capacité, il devrait mobiliser 786 emplois directs et contribuer à structurer une chaîne de valeur locale autour de l’extraction et de la transformation.
Son développement s’inscrit dans une stratégie des autorités algériennes visant à diversifier l’économie au-delà des hydrocarbures, en s’appuyant sur l’exploitation des ressources minières et sur des investissements dans les infrastructures logistiques. D’après les données de la Banque mondiale, les exportations hors hydrocarbures ont triplé depuis 2017, atteignant 5,1 milliards de dollars en 2023, soit 2% du PIB.