L’ancien président algérien Liamine Zeroual, au pouvoir de 1994 à 1999, est décédé, samedi 28 mars dans la soirée, après une longue maladie, a annoncé la présidence algérienne, en décrétant trois jours de deuil.

Ancien militaire, Liamine Zeroual, qui s’est éteint à 84 ans, a présidé l’Algérie de 1995 à 1999, pendant l’une des périodes les plus violentes de son histoire. Abdelaziz Bouteflika a été son successeur.  

« Très populaire en Algérie »

Après son retrait de la vie politique, Liamine Zeroual était resté très populaire en Algérie. La présidence de la République a annoncé « avec tristesse le décès de l’ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zeroual, à l’hôpital militaire Mohamed Seghir Nekkache à Alger (…) après un combat contre une maladie grave ».

Pendant le deuil national, les drapeaux seront mis en berne « sur l’ensemble du territoire national et dans les représentations diplomatiques à l’étranger ». 

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Sa dépouille a été exposée dimanche au palais du Peuple, une résidence officielle à Alger, pour permettre à la population de se recueillir, selon la présidence.

Liamine Zeroual a été enterré lundi dans sa ville natale de Batna (est), où il vivait depuis qu’il avait quitté ses fonctions officielles.

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© France 24

Dans les rangs de l’ALN à seulement 16 ans

Tous les anciens présidents du pays ont été enterrés au carré des martyrs du cimetière d’El Alia à Alger, réservé aux héros de la guerre d’indépendance.

De nombreux témoignages télévisés louaient sa simplicité, rappelant qu’il allait au café et discutait avec les habitants. Il avait participé avec la population de Batna à une marche de soutien à Gaza en octobre 2023. 

Né le 3 juillet 1941, il rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) en 1957. Il n’a alors que 16 ans. 

Liamine Zeroual gravit les échelons militaires jusqu’à devenir général en 1988. Il est nommé ministre de la Défense en 1993. 

Il a ensuite dirigé son pays pays dans une période très difficile, en pleine « décennie noire », où le pouvoir affronte des groupes islamistes rebelles. D’abord désigné pour assurer une période de transition à la tête de l’Algérie en janvier 1994, il organise une élection en novembre 1995, le premier scrutin présidentiel pluraliste dans le pays. Il la remporte avec 61 % des voix.

Limitation du nombre de mandats présidentiels

Son mandat est marqué par le dialogue avec les représentants modérés du Front islamique du salut pour tenter de mettre fin à la guerre civile et mène ensuite une politique d’éradication des groupes terroristes.

Liamine Zeroual avait aussi fait adopter la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux dans la Constitution de 1996. Un verrou que lèvera ensuite son successeur : sur fond de désaccords internes, Liamine Zeroual annonce écourter son mandat en 1998, Abdelaziz Bouteflika lui succède en avril 1999.

Partisan d’une armée de professionnels, il avait commandé, au cours d’une longue carrière d’officier d’active, trois régions militaires : Tamanrasset (extrême sud algérien) en 1982, Béchar (frontières marocaines) en 1984, et Constantine (est algérien) en 1987. Il a aussi dirigé deux grandes institutions militaires: l’École d’Application des armes de combat et l’Académie inter-armes de Cherchel, creuset des officiers de l’armée algérienne.

Avec AFP