À la diversité des thématiques répond celle des partenaires. Le CNRS collabore avec toutes les grandes universités japonaises, telles que celle de Tokyo, du Tohoku – première bénéficiaire du fonds de 10 billions de yens en 2023 – ou encore Kyushu et Nagoya – avec lesquelles deux nouveaux laboratoires de recherche internationaux ont été lancés début 2026. En outre, notre organisme travaille de concert avec de grands instituts de recherche, comme l’AIST et le RIKEN, ainsi qu’avec la JSPS et la JST, les deux principaux organismes de financement de la science au Japon, notamment par le biais de programmes de mobilité internationale.

Votre portefeuille concerne également Taïwan et la Corée du Sud. De quelles opportunités bénéficient les chercheuses et chercheurs du CNRS qui souhaitent développer des collaborations avec ces deux régions ?

B. LP. : La Corée du Sud et Taïwan sont très dynamiques, avec des budgets alloués à la recherche respectivement aux deuxième et troisième rangs mondiaux. Par ailleurs, leurs priorités scientifiques se rapprochent de celles du CNRS. Nous avons donc tout intérêt à y développer des collaborations, notamment dans des domaines porteurs comme le quantique et les semiconducteurs, où ces pays disposent de compétences importantes.

Pour ce faire, nous pouvons nous appuyer sur des dispositifs du CNRS, comme les projets et réseaux de recherche internationaux (IRP et IRN), mais également ceux développés par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, tels que les Partenariats Hubert Curien – nommés « Star » pour la Corée du Sud et « Orchid » pour Taïwan. Ces outils sont utiles pour initier des échanges scientifiques. Soulignons enfin que la Corée du Sud est, comme le Japon, associée au pilier 2 d’Horizon Europe depuis 2024. Les chercheurs et chercheuses du CNRS bénéficient donc également d’opportunités au niveau européen pour collaborer avec ce pays.

Vous avez pris vos fonctions à Tokyo en septembre 2025. Quel regard portez-vous sur la coopération entre le CNRS et l’Asie du Nord-Est ? Quelle dynamique souhaitez-vous impulser au sein du bureau ?

B. LP. : La collaboration scientifique franco-japonaise est désormais bien installée. Les laboratoires internationaux du CNRS, qui permettent à nos chercheurs et chercheuses d’y effectuer une mobilité et d’y acquérir de nouveaux savoir-faire, en sont un parfait témoignage. Il s’agit donc de faire fructifier cette relation bilatérale, mais également de l’ouvrir à l’Europe. Notre bureau est présent pour inciter nos partenaires japonais à s’associer avec leurs collaborateurs du CNRS et déposer des projets dans le cadre d’Horizon Europe.

Si les échanges sont plus récents avec la Corée du Sud et Taïwan, ils s’avèrent solides et riches en perspectives. Notre objectif est de faire monter en puissance la collaboration en développant le réseau des chercheuses et chercheurs impliqués avec ces pays. Cela passe notamment par l’organisation, depuis l’automne 2025, de rencontres sur place qui soulèvent beaucoup d’enthousiasme de la part des participantes et participants. Je ne doute pas que ces efforts porteront de nombreux fruits !