Quatre mises à jour de ressources en moins d’un an, un financement de 715 millions d’euros bouclé en 2024, et désormais une mise en service anticipée : le projet Koné de Montage Gold coche les cases d’un actif hors norme. Un atout significatif pour les ambitions de la Côte d’Ivoire dans le secteur aurifère.

C’est l’une de ces annonces auxquelles investisseurs et observateurs de la compagnie ont presque fini par s’habituer ces derniers mois : Montage Gold publiant une mise à jour du potentiel aurifère de sa future mine Koné en Côte d’Ivoire. Celle du lundi 30 mars, la quatrième en moins de 12 mois, après les annonces d’avril, juillet et novembre 2025, a porté les ressources minérales du projet à 7,44 millions d’onces d’or (231 tonnes) . La construction de la mine avance aussi à un rythme qui a poussé son propriétaire à anticiper de quelques mois la mise en service.

Koné fait partie de ces nouveaux projets sur lesquels compte le gouvernement ivoirien pour atteindre une production annuelle de 100 tonnes d’or d’ici la prochaine décennie, contre environ 60 tonnes en 2024. Gisements dépassant 100, voire 200 tonnes d’or, financement bouclés en un temps record et calendrier de construction parmi les plus rapides de l’industrie minière à l’échelle mondiale, font partie des atouts de ces actifs. Koné lui, se distingue aussi par son propriétaire, dont il constituera la toute première mine d’or, mais aussi surtout par sa taille.

Plus grande mine de Côte d’Ivoire

Etablie à 350 km au nord-est de la capitale ivoirienne Yamoussoukro et à environ 600 km au nord-ouest de la métropole Abidjan, le projet Koné comprend deux permis d’exploitation minière octroyés en 2024, pour une superficie de 357 km². L’étude de faisabilité publiée la même année table sur une durée de vie de la mine de 16 ans, avec la production de 3,57 millions d’onces d’or (111 tonnes), dont 349 000 onces au cours des trois premières années. Dès sa première année complète d’exploitation, Koné supplanterait ainsi la mine d’or Ity, propriété d’Endeavour Mining, dont la production a établi un pic à 342 864 onces en 2024.

Les chiffres de production de Koné pourraient être revus à la hausse, compte tenu des différentes mises à jour de ressources publiées depuis l’étude de faisabilité de 2024. Un plan d’exploitation actualisée sur la durée de vie de la mine est ainsi prévu par Montage cette année, afin d’y intégrer les estimations actualisées pour les gisements principaux et d’autres gisements identifiés au cours des travaux de forage menés ces derniers mois.

« Nous avons amélioré la qualité, la teneur et la taille des gisements principaux de Koné et de Gbongogo tout en renforçant notre confiance, nous avons étendu les autres gisements satellites à plus haute teneur et généré de nouvelles cibles pour lesquelles nous prévoyons de publier des ressources initiales cette année », précise Silvia Bottero, vice-présidente exécutive chargée de l’exploration chez Montage.

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Elle rappelle aussi qu’un programme de forage de 90 000 mètres est en cours pour l’exercice 2026. En début d’année, la mise en service de la mine, initialement prévue pour le deuxième trimestre 2027, a par ailleurs été avancée au quatrième trimestre 2026.

Un impact socio-économique à surveiller

Le potentiel minéral de Koné est impressionnant, et ses paramètres économiques le sont tout autant. 825 millions USD (environ 711 millions d’euros) : c’est le montant que Montage a levé en octobre 2024 pour financer la construction. En se basant sur les chiffres de l’étude de faisabilité de 2024 et un prix de l’or à 3 000 dollars, soit environ 2 600 euros l’once (alors que le métal jaune se négocie actuellement autour de 4 500 dollars), Koné affiche une valeur actuelle nette après impôts de 3,11 milliards USD (environ 2,68 milliards d’euros) et un taux de rentabilité interne de 66,2 %.

Pour le gouvernement ivoirien, actionnaire à hauteur de 10 % de la mine, la réussite du projet devrait se traduire en redevances sur le chiffre d’affaires, impôts sur les bénéfices et autres taxes. Mais la contribution d’une mine va au-delà de ces seuls indicateurs, qui mesurent surtout ce que l’Etat tire directement de l’exploitation minière. L’impact socio-économique de Koné sera surtout évalué à l’aune des emplois créés, de la part des contrats attribués aux sous-traitants locaux, ou encore des actions sociales en faveur des communautés d’accueil.

En 2025, Endeavour Mining évalue ainsi à 2,8 milliards USD (environ 2,41 milliards d’euros) sa contribution économique globale dans ses trois pays d’opération en Afrique de l’Ouest, un chiffre qui agrège les paiements aux gouvernements, les achats auprès de fournisseurs locaux et les salaires versés. Les versements directs aux Etats – incluant impôts, redevances et autres flux fiscaux – n’en représentaient que 917 millions USD (environ 790,4 millions d’euros).