Malgré la progression de l’accès à Internet sur le continent, les conditions d’utilisation restent très variables d’un pays à l’autre. Entre environnements ouverts et restrictions marquées, la liberté numérique continue de refléter les dynamiques politiques et socioéconomiques propres à chaque État africain.
L’accès à Internet progresse sur le continent africain, mais la liberté en ligne reste très inégale selon les pays. Un rapport publié mi-mars par la plateforme spécialisée Cloudwards montre que certains États offrent une navigation relativement ouverte, tandis que d’autres imposent de sévères restrictions, limitant l’expression et l’innovation numériques.
Intitulé « Mapped: Internet Freedom by Country in 2026 », le document évalue la liberté sur Internet sur une échelle de 0 à 100, en fonction de l’accès aux contenus politiques et civiques, de l’usage des réseaux sociaux ou encore des VPN. L’indice prend également en compte les pratiques de censure, les blocages de plateformes ainsi que les sanctions potentielles encourues par les internautes, permettant d’apprécier à la fois l’accès technique et le niveau réel de liberté d’expression en ligne.
Des niveaux de liberté numérique très contrastés, selon les pays
À l’échelle africaine, plusieurs pays affichent des niveaux relativement élevés de liberté en ligne. Le Cap-Vert (84 points) figure en tête du classement continental, aux côtés de la Côte d’Ivoire et des Seychelles, également créditées du même score. Ils sont suivis par un groupe de pays, dont le Bénin, le Niger, mais aussi la Gambie et le Liberia (76 points), qui bénéficient d’un environnement numérique globalement ouvert. Le Ghana (72 points) complète ce groupe de tête.
Un deuxième ensemble de pays, dont l’Angola, le Mozambique, la République démocratique du Congo (RDC), le Mali ou encore Maurice (68 points), présentent des niveaux intermédiaires de liberté, bien que marqués par certaines limites.
À l’inverse, d’autres pays continuent d’imposer des restrictions importantes. Le Soudan et l’Égypte (ex æquo avec12 points) figurent parmi les États les plus contraignants du continent, illustrant des limitations sévères sur les contenus en ligne et l’expression numérique.
Entre ces deux extrêmes, la majorité des pays africains se situent dans une zone intermédiaire. C’est le cas du Maroc ou de l’Afrique du Sud, mais aussi du Cameroun, de la Tunisie ou du Rwanda (56 points).
Des restrictions coûteuses
Au-delà des enjeux de gouvernance, les restrictions numériques ont également un impact économique significatif. Selon le rapport The Cost of Internet Shutdowns in 2025 publié par Top10VPN, les coupures d’Internet ont coûté environ 1,11 milliard de dollars à l’Afrique subsaharienne en 2025.
Ces chiffres traduisent une légère baisse par rapport à 2024, où les pertes étaient évaluées à 1,56 milliard de dollars. Malgré cette diminution, l’impact reste significatif, dans un contexte marqué par des interruptions fréquentes.
En 2025, plus de 24 000 heures de coupures ont été recensées, touchant environ 116 millions d’utilisateurs dans la région. Ces interruptions surviennent le plus souvent dans des contextes de tensions politiques, d’élections ou de crises sécuritaires, avec des conséquences directes sur les économies numériques et l’accès aux services essentiels.
Sur le plan mondial, les pertes liées à ces coupures sont estimées à 19,7 milliards de dollars.
Samira Njoya
Les Pays africains, selon leur score de liberté Internet (2026)
Pays
Score
Cap-Vert
84
Côte d’Ivoire
84
Seychelles
84
Bénin
76
Gambie
76
Liberia
76
Madagascar
76
Namibie
76
Niger
76
Ghana
72
Angola
68
RD Congo
68
Gabon
68
Malawi
68
Mali
68
Maurice
68
Mozambique
68
Congo
68
Sénégal
68
Botswana
64
République centrafricaine
64
Guinée-Bissau
64
Lesotho
64
Maroc
64
Nigeria
64
Afrique du Sud
64
Mauritanie
60
Burundi
56
Cameroun
56
Tchad
56
Eswatini
56
Guinée
56
Rwanda
56
Tunisie
56
Kenya
52
Zambie
52
Algérie
48
Burkina Faso
48
Djibouti
48
Togo
48
Zimbabwe
48
Somalie
44
Guinée équatoriale
36
Ethiopie
36
Libye
28
Tanzanie
28
Ouganda
24
Egypte
12
Soudan
12