En Centrafrique, Pâques n’est pas seulement une fête religieuse. C’est un moment durant lequel les familles se retrouvent autour de repas hors du commun. Pendant le week-end pascal, elles préparent des recettes traditionnelles, avec des plats qui deviennent des symboles de transmission et de partage.
De notre correspondant à Bangui,
Dans la cuisine, véritable cœur battant de la maison, les arômes se mêlent et racontent déjà une histoire : celle d’un repas préparé avec soin, à partir de recettes transmises de génération en génération. Les ingrédients sont soigneusement disposés, et les gestes, précis, presque rituels, sont exécutés avec fierté par les enfants de la maison, sous le regard attentif des parents.
Nicoletta, la mère de famille, décrit avec émotion le menu de ce jour particulier. « Aujourd’hui, nous mangeons le plat emblématique qu’est la feuille de Gnétum à l’arachide et à la viande de brousse. À côté, il y a de l’agneau rôti, de la boule de manioc et des beignets de maïs. Nous avons aussi du vin de palme comme boisson locale. Chez nous, le repas de Pâques est presque un rituel sacré », explique-t-elle.
Au centre de la table, les mets trônent avec générosité : plats mijotés, accompagnements variés et boissons rafraîchissantes. Pour Moïse Nzoya, chaque repas de Pâques porte en lui une histoire, une origine, un souvenir. « Nous avons également le vin de palme et le vin à base de mil. Chez nous, Pâques est un mélange de repas et de boissons traditionnels. Lorsque nous nous réunissons en famille après la messe, nous partageons une calebasse de vin de palme ou de mil. Rien qu’en sentant l’odeur ou en voyant le décor, cela donne envie de boire. Chacun boit à tour de rôle, ce qui crée une véritable connexion, en lien avec nos traditions », raconte-t-il.
Chaque famille célèbre Pâques avec le repas emblématique de son choix. Lorsque toute la famille est réunie, comme le souligne Housny Webi, un silence respectueux s’installe, accompagné d’une prière, marquant ainsi le caractère sacré de ce moment de partage.
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