Du 12 au 19 mai, cinq personnes en situation de handicap, six lycéens et leurs accompagnateurs grimperont le plus haut sommet de l’Atlas au Maroc, le Mont Toubkal. Un défi rempli de richesse pour chacun des participants.

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Un projet solidaire et inclusif. L’ascension d’une montagne : le mont Toubkal, le plus haut sommet de l’Atlas au Maroc. Une plongée au cœur des montagnes marocaines et des vallées berbères. Voilà l’univers dans lequel seront plongés des lycéens de première et certaines membres de la fondation de l’Arche, à Reims (Marne).

Cette fondation accueille 40 personnes en situation de handicap mental, accompagnées au quotidien pour développer leur autonomie et construire leur projet de vie. Le projet se fait en coopération avec le lycée Saint-Jean XIII de Reims, un établissement catholique d’enseignement privé. Six lycéens de première ont été sélectionnés après plusieurs tests pour vivre cette expérience en compagnie de cinq personnes en situation de handicap et de leurs accompagnateurs.

Un voyage loin d’être anodin et dont la préparation se doit d’être minutieuse. « Pour les personnes que l’on accompagne, l’objectif est de donner le plus de prévisibilité possible. On sait que les personnes avec une déficience intellectuelle vont avoir besoin de repères. Dans ce cadre-là, on sait parfaitement que l’on va perdre nos repères, tout notre quotidien », explique Romain Puech, coordinateur du projet et responsable du service d’accueil de jour de l’Arche à Reims.

Afin que ce voyage se déroule au mieux, tous les participants ont notamment une préparation physique adaptée depuis plusieurs mois. « Nous avons des marches régulières. Lorsqu’il n’y en a pas, nous avons accès à une salle de sport du Cercle, un partenaire du projet, où l’on a un ou plusieurs entraîneurs qui accompagnent tout le groupe pour travailler le renforcement musculaire, le cardio, etc », poursuit-il.

Une semaine de voyage au Maroc attend les participants.

Une semaine de voyage au Maroc attend les participants.

© Droits réservés.

Toujours dans cette optique de prévoir un maximum de choses, le groupe est parti, il y a quelques semaines, en week-end de bivouac pour se rendre à l’abbaye d’Orval (Belgique), en dormant une nuit sous tente, en mangeant dans des gamelles et en utilisant des lampes frontales, pour permettre de donner quelques repères à chacun des participants.

Le séjour au Maroc sur sept jours s’annonce chargé. « Le Mont Toubkal culmine à 4 167 mètres d’altitude. L’idée est de faire une ascension progressive et on sera à 1 200m de dénivelé par jour. Nous aurons deux jours d’ascension dans un premier temps avec des refuges pour l’hébergement. Puis une deuxième halte à un peu plus de 3  000 mètres d’altitude où l’on fera un jour d’acclimatation. On fera des petites montées et descentes pour habituer le corps à cette altitude-là et pour s’entraîner à marcher lentement pour éviter l’essoufflement », détaille Romain Puech.

Avant une dernière étape s’annonçant riche en énergie. « Le dernier jour d’ascension, on se lève à trois heures du matin pour monter à la lampe frontale jusqu’en haut du Mont Toubkal pour le lever du soleil. Puis on redescend car on devrait manquer un petit peu d’air en haut », enchaîne Romain Puech, qui participera également à l’ascension.

Une aventure humaine qui restera dans les mémoires.

Une aventure humaine qui restera dans les mémoires.

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À titre de comparaison, en recherchant sur internet, cette ascension est proposée en deux jours par des sites comme Décathlon. Ce projet coûte 65 000 euros au total et est entièrement financé par des dons du mécénat. « L’idée est de trouver beaucoup de mécènes pour financer le déplacement, l’hébergement sur place et tout le personnel technique. » Le groupe sera accompagné par le guide Arnaud Chassery, habitué à organiser ce type d’aventure avec des personnes en situation de handicap. Toutes les informations pour les dons sont à retrouver ici.

Au-delà du défi physique, Romain Puech insiste sur l’aventure humaine à venir. « Le mont Atlas est un prétexte. L’idée est de trouver et de créer de la rencontre entre des lycéens et des personnes en situation de handicap. Tout le chemin parcouru et à parcourir est un chemin de rencontres […] Nous sommes entrés dans une phase où les lycéens se rendent compte qu’il y a des difficultés au handicap, qu’il faut s’adapter, soutenir et comprendre. Inversement, les lycées vont aussi se rendre compte qu’ils vont être déplacés dans leur confort et leurs petites habitudes. Les personnes en situation de handicap auront parfois plus d’expérience de cet inconfort. Je pense que les deux groupes vont s’apporter mutuellement », conclut Romain Puech.