La rédaction de «Barlamane.com»
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11:27 – 4 avril 2026

Les services de sûreté de la ville d’Asilah ont interpellé deux mineurs soupçonnés d’avoir pris part au soustraction d’éléments en cuivre prélevés au sommet de la tour dite d’El Kamra, édifice d’origine portugaise inscrit dans la mémoire patrimoniale locale. Selon une source sécuritaire, les deux adolescents ont été présentés devant le parquet près la cour d’appel de Tanger, juridiction compétente en la matière.

La même source précise que l’identification d’un troisième mineur, également lié à cette affaire, a été établie, les investigations se poursuivant en vue de son interpellation. Elle indique que «les éléments recueillis par les enquêteurs ont permis d’établir les contours d’une implication concertée, et de circonscrire le rôle de chacun des mis en cause dans la soustraction des pièces métalliques».

Émoi patrimonial et portée historique

La survenance de cet acte a provoqué, dans les jours récents, une vive émotion au sein de la population d’Asilah, où s’expriment indignation et consternation face à l’atteinte portée à l’un des repères emblématiques de la cité. Des acteurs de la société civile estiment que «l’acte commis excède la qualification de simple vol pour relever d’une atteinte manifeste au patrimoine historique et culturel de la ville».

La tour d’El Kamra occupe une place singulière dans l’histoire d’Asilah, tant par sa valeur architecturale que par sa charge symbolique. Sa restauration avait été conduite dans le cadre d’une coopération entre la Fondation Forum d’Asilah et la Fondation Calouste Gulbenkian, avant une inauguration officielle en 1994 en présence du roi Mohammed VI, alors prince héritier, et du président portugais Mário Soares (1986-1996).

L’édifice demeure également associé à un épisode majeur de l’histoire marocaine et ibérique. La tradition rapporte qu’il aurait abrité le roi Sébastien Ier du Portugal à la veille de son départ vers Ksar El-Kébir, où se déroula en 1578 la bataille de Oued al-Makhazine, affrontement décisif conclu par une victoire marocaine et la disparition de trois souverains, événement demeuré dans l’histoire sous l’appellation de bataille des Trois-Rois.