En Tunisie, le gouvernement a validé fin décembre 2025 un plan de 2,3 GW de projets à développer en 2026. Dans les détails, les initiatives programmées dans l’éolien comprennent notamment 600 MW à Tabaga, dans le gouvernorat de Kébili, 400 MW à Jebel Abderrahmane, dans le gouvernorat de Nabeul, et 200 MW à El Guettar, dans le gouvernorat de Gafsa et un parc éolien de 77,25 MW à Zaghouan, qui devrait produire environ 290 GWh d’électricité par an.
Développer les EnR
Du côté du solaire, les autorités ont approuvé la construction d’une centrale photovoltaïque de 350 MW intégrant le stockage par batteries à Bazma, dans le gouvernorat de Kébili ainsi que deux centrales solaires de 100 MW chacune à Tataouine et Gabès.
En approuvant un portefeuille représentant près d’une fois et demie celui prévu entre 2023 et 2025 (1,7 GW), les autorités entendent accélérer le développement des énergies renouvelables, dont la croissance a été constante au cours de la dernière décennie.
Selon un rapport publié en juillet dernier par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), la capacité totale de ces sources d’énergie a atteint 1 086 MW en 2024, triplant ainsi les 330 MW enregistrés en 2015.
Si avec ce chiffre, le pays est la 3e puissance dans les énergies propres en Afrique du Nord, derrière l’Égypte (7 752 MW) et le Maroc (4 659 MW), les efforts ne sont pas encore suffisants au regard de ses ambitions.
En effet, selon un rapport publié en avril 2024 par le Département américain du Commerce, environ 97% de l’électricité produite en Tunisie provient de combustibles fossiles, principalement du gaz naturel dont environ 60 % était importé.
Une situation qui continue de peser sur les finances publiques en dépit des possibilités de développement des énergies renouvelables. Selon la Banque mondiale, le potentiel combiné solaire et éolien est de 320 GW, soit 64 fois la demande de pointe nationale estimée à environ 5 000 MW par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG).
Accélérer la transition énergétique
Alors que Tunis s’est fixé pour objectif de produire 35 % de son électricité à partir des énergies renouvelables d’ici 2030 et 50% à l’horizon 2035 contre moins de 5% actuellement pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, plusieurs projets ont été lancés et des financements multilatéraux ont été débloqués.
En décembre 2025, le producteur indépendant d’énergies renouvelables AMEA Power a annoncé la mise en service commerciale d’une centrale solaire photovoltaïque de 120 MWp dans le gouvernorat de Kairouan. Il s’agit du plus grand parc solaire du pays avec une production d’environ 222 GWh d’électricité par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 43 000 ménages.
Plus tôt en novembre dernier, la Banque mondiale et le gouvernement tunisien ont conclu un accord de financement de 430 millions de dollars (369 millions d’euros) pour appuyer la modernisation du secteur énergétique à travers le Programme tunisien d’amélioration de la fiabilité, de l’efficacité et de la gouvernance énergétiques (TEREG).
D’une durée de cinq ans, ce programme inclut 30 millions de dollars (25 millions d’euros) de financements concessionnels issus des Fonds d’investissement climatiques et vise à renforcer la durabilité, la fiabilité et l’accessibilité de l’approvisionnement électrique du pays.
À travers le TEREG, la Tunisie entend mobiliser 2,8 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) d’investissements privés pour l’ajout de 2,8 GW de capacités solaires et éoliennes d’ici 2028, tout en générant plus de 30 000 emplois, principalement durant la phase de construction.
Ce nouveau financement s’inscrit en complément des initiatives déjà engagées, notamment le projet d’interconnexion électrique Tunisie–Italie (ELMED), le Projet d’amélioration du secteur énergétique, ainsi que les appuis techniques et financiers fournis par la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA).