Guerre en Ukraine, guerre au Moyen-Orient… À quatre ans d’intervalle, l’Europe est soumise au même défi. Un bouleversement géopolitique menace à nouveau ses acteurs économiques et les ménages, via des factures de gaz et d’essence salées. Et à nouveau, les ambitions fleurissent, l’action beaucoup moins.
Bien sûr, on peut recenser certains progrès. Les solutions renouvelables se sont multipliées. En 2025, 30 % de l’électricité de l’UE était générée par de l’éolien ou du solaire, contre 20 % en 2020.
Le vent et le soleil ont même dépassé la production découlant du gaz, du charbon ou du pétrole. Et les 27 se sont massivement détournés du robinet russe. En 2022, 45 % des importations européennes de gaz venaient de Russie. L’an dernier, on était à 13 %.
La majorité des besoins européens couverts par des importations
Mais ces avancées n’éclipsent pas le fait central : nous restons largement dépendants des importations d’énergies fossiles pour nous éclairer, nous chauffer, nous déplacer ou faire tourner nos industries.
En 2024, 57 % des besoins énergétiques de l’UE étaient couverts par des importations nettes. Le pétrole et ses produits dérivés représentaient 67 % des importations énergétiques, le gaz naturel, 24 %. Surtout, 90 % du pétrole consommé provient de pays hors UE (et entre 80 et 90 %, pour le gaz).
Au niveau belge, les derniers chiffres disponibles montraient que 72 % de la consommation finale d’énergie découlait des combustibles fossiles. À ce stade, “l’indépendance énergétique” est un doux rêve.
Diesel, essence, type de véhicule, contrat d’énergie…Nos meilleurs conseils pour faire des économies tant que la crise en Iran se prolongeMoins dépendant de la Russie, plus des Etats-Unis
En fermant le robinet russe, l’UE a troqué une dépendance pour une autre. En guise de compensation, elle s’est en effet ruée sur le gaz naturel liquéfié (GNL). Dont 57 % proviennent des États-Unis de Donald Trump. D’ici à 2030, ce taux pourrait atteindre 75 % à 80 %, selon une étude de l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis.
À voir comment le président américain aime à se comporter avec ses (prétendus) alliés, il y a de quoi se demander si ce “shift” a vraiment diminué la vulnérabilité européenne…
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.