À cheval entre les territoires polonais et biélorusse, la forêt primaire de Bialowieza se retrouve plongée au cœur de tensions géopolitiques.La Biélorussie y pousse volontairement des migrants pour déstabiliser son voisin, qui a répondu en érigeant un mur.Regardez ce grand reportage sur place diffusé ce lundi 6 avril dans le 20H de TF1.

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Le 20H

Il y a 10.000 ans, elle s’étendait du sud-ouest de la France jusqu’à l’Oural, sur plus de 6.000 kilomètres, avant que les êtres humains se mettent à couper du bois. Il en reste 140.000 hectares, à cheval sur la Biélorussie et la Pologne, avec désormais un mur entre les deux. Un mur érigé par les autorités polonaises, après avoir constaté que leurs homologues biélorusses y poussaient volontairement les migrants expulsés de leur territoire. Ainsi, la forêt de Bialowieza, entrée au patrimoine mondial de l’Unesco en 1979 pour la richesse exceptionnelle de sa biodiversité, voit son écosystème bouleversé par un conflit entre deux pays : la Biélorussie est devenue très hostile à ses voisins polonais depuis que ces derniers ont, en 2020, offert l’asile politique aux opposants biélorusses ayant contesté la réélection du président Alexandre Loukachenko, en poste depuis 1994.

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Capture d’écran TF1

Ce mur, de 5,5 mètres de haut et 196 kilomètres de long, a vu, ces six dernières années, un total de 140.000 personnes, de 55 nationalités différentes, essayer de le franchir. Certains en prenant beaucoup de risques, comme le montre le grand reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article. Ils viennent principalement d’Afghanistan, du Moyen-Orient ou d’Afrique. « On a dû renforcer les barreaux car ils parvenaient à passer en les écartant avec des crics d’automobile. Ce problème est maintenant résolu », explique face à notre caméra un garde-frontière polonais selon lequel, l’an dernier, sur les 14.000 tentatives de passage, 96% ont été déjouées. Car, aux patrouilles permanentes, s’ajoutent des capteurs de mouvement et des caméras de surveillance.

Drames humains et animaliers

Derrière ces chiffres se cachent des drames humains, surtout quand, au cœur de l’hiver, des températures de moins 20 degrés viennent geler les pieds nus de jeunes gens déjà blessés et épuisés. Mais aussi des drames animaliers, quelque 800 bisons tentant inlassablement, mais en vain, de franchir le mur depuis le côté polonais, en quête, eux aussi, d’une migration salvatrice. Collision mortelle avec des camions, fragmentation du territoire, création de routes qui perturbent la vie sauvage et, à terme, menacent toute la vie de la dernière forêt primaire des plaines européennes… « Ce mur a créé une énorme perturbation de l’écosystème, pose la biologiste Katarzyna Nowak. Nous avons besoin de savoir quels sont les problèmes pour les animaux, quel est l’impact des espèces invasives qui prolifèrent, et nous devons proposer des solutions. Mais on a beaucoup de difficultés à le faire. » Même pour les scientifiques, l’accès est contingenté. Comme si la forêt était devenue une prison.

Regardez ce grand reportage en intégralité dans la vidéo en tête de cet article.

Hamza HIZZIR | Reportage TF1 : Michel IZARD, Bertrand LACHAT