Un temps placardisé après l’arrivée de Claude Puel, le milieu de terrain international a su inverser la tendance et redevenir incontournable au point d’être le seul élément de l’entrejeu niçois à échapper aux critiques de son entraineur et de son vice-président.

Ça a soufflé fort dans le vestiaire des Aiglons à l’issue de la débâcle à Strasbourg (3-1). Une défaite qui laisse l’OGC Nice à seulement quatre longueur de la zone de relégation. De quoi faire sortir de ses gonds le coach des Rouge et Noir. Fait assez rare pour ne pas être mentionné, même le vice-président du club azuréen est sorti de sa réserve, critiquant ouvertement ses joueurs. Titulaire pour la troisième fois de rang, Hichem Boudaoui ne devrait, à priori, pas se sentir concerné par cette diatribe présidentielle quand bien même il n’a pas vraiment été à son niveau, samedi en Alsace. «Ce n’est pas comme ça qu’on va se sauver. Il va falloir qu’ils (les joueurs) se ressaisissent, qu’il y ait de l’énergie et la volonté de se battre. Maintenant, ce qu’il faut qu’on fasse, c’est une bagarre au couteau.»

Pas concerné par les critiques

«Il faut qu’ils en aient conscience et je crois que certains ne sont pas encore dans cet état d’esprit», avait, à ce propos, tancé le vice-président délégué de l’OGC Nice, Maurice Cohen. «On savait que ça allait être difficile. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on le découvre. Donc on va se battre pour essayer de leur remettre la tête à l’endroit. À certains, pas tous. Mais certains mériteraient qu’on leur mette la tête à l’endroit. Qu’ils se mettent au service du club et à leur service !», lancera dans la foulée le même dirigeant, qui pointe directement l’attitude de ses joueurs. «C’est une histoire d’état d’esprit, d’équipe. Une histoire importante de moral. On voit très bien qu’on n’arrive pas à marquer, qu’on est toujours en difficulté, que le ballon traine et que personne n’est là pour le mettre au fond.»

Le vice-président sort la sulfateuse

«Même avec l’apport d’Elye, qui est un bon apport malgré tout, on a des difficultés à se créer de vraies occasions et à les mettre au fond. Donc il va falloir se battre. Je sais que ça ne va pas être facile pour nous. Nous, on est là pour se battre au maximum mais il faut que les joueurs se remettent en cause et qu’ils se battent pour le club», renchérira Cohen, pour lequel «il y a des attitudes qui sont inacceptables».

«On verra en interne ce qu’il y a à faire. C’est comme ça. Aujourd’hui, il faut qu’on soit solidaires, qu’on essaie de rester groupés et ne pas créer plus de tension que ce qu’il y a sur le terrain. Mais je pense que dans leur tête, ils pensaient qu’avec 5 points d’avance, ça allait être tranquille. Mais ce n’est pas tranquille. Et on reçoit le Havre, on va à Lille… Il n’y a rien de facile», en rajoutera, fataliste, le vice-président niçois.

L’entraîneur charge à son tour

Plus mesuré dans ses propos mais tout aussi accusateur, l’entraîneur Claude Puel pointera également du doigt dans la même direction. «On n’a pas eu le répondant, que ce soit mental, tactique, physique. Cette équipe nous a bougé dans les duels, dans son expression et surtout dans l’impact. Ce sont des choses qu’on ne doit pas accepter. Il sera bien sûr important de mettre les choses à plat et de bien préparer les six derniers matchs en montrant un tout autre aspect de notre personnalité, avec beaucoup plus de caractère dans les moments comme celui-là», soulignait l’expérimenté coach. Et d’ajouter : «On ne peut pas accepter de montrer un tel visage. C’est presque incompréhensible de faire une telle prestation, notamment sur des aspects physiques, dans l’effort et le contre-effort…

Le seul à n’avoir pas été sorti

Ce sont des choses qu’on ne peut pas accepter. Cette équipe a semblé bien au-dessus de nous, pas simplement techniquement mais aussi sur l’aspect physique. On ne doit pas l’accepter». Des propos lourds de sens et qui ne resteront pas sans lendemain mais qui, visiblement, ne ciblent pas l’ancien joueur du Paradou. Le fait d’avoir été le seul élément du milieu de terrain à n’avoir pas été remplacé en cours de jeu laisse, en effet, croire en cette thèse. Diop (Vanhoutte 46’) et Jansson (Cho 46’) ont, ainsi, été rappelés sur le banc dès la mi-temps avant que même le capitaine Morgan Sanson ne connaisse pareille sanction (Abdi 64’). Avoir gardé la confiance de Claude Puel jusqu’au bout du temps additionnel demeure, à ce sujet, un élément assez indicatif et un argument tout aussi révélateur pour témoigner de la (nouvelle) place qu’occupe Boudaoui.

-RACHID BELARBI