Après ce premier cri, un long silence s’installa. Des guerres éclatèrent, et le bruit des armes couvrit celui du jeu. Alors que le pays s’efforçait de se reconstruire, les Égyptiens ne suivaient la Coupe du monde que par le biais des journaux.

Des générations de joueurs ont continué à émerger – parmi lesquels Saleh Selim, Taha Ismail, Hassan Shehata et Mahmoud El Khatib – et en Afrique, l’Égypte était championne. Mais la Coupe du monde restait lointaine, comme une étoile que l’on pouvait voir mais jamais atteindre.

Mais en 1990, après 56 ans d’absence, les Pharaons ont enfin fait leur retour à la Coupe du monde. Sous la houlette du capitaine Mahmoud El Gohary, l’Égypte a écrit un nouveau chapitre de son histoire sportive.

Les qualifications ont été difficiles, mais le but marqué par Hossam Hassan contre l’Algérie a permis à l’équipe de briser son plafond de verre. Cette nuit de novembre, où les rues débordaient de monde, où les drapeaux flottaient à chaque balcon et où les chants remplissaient le ciel, fut inoubliable.

En juin 1990, l’Égypte est revenue en Italie – plus précisément à Palerme – pour affronter les champions d’Europe, les Pays-Bas. La première mi-temps s’est terminée sur un score nul et vierge, mais à la 58e minute, Wim Jonk a marqué pour les Néerlandais après un centre du grand Marco van Basten. Puis est arrivée cette 83e minute inoubliable, lorsque Hossam Hassan a été fauché dans la surface de réparation et que l’arbitre a désigné le point de penalty.

Magdy Abdelghany s’est avancé, a pris son élan et a frappé fort… But ! Le commentateur s’est écrié : « But pour l’Égypte ! » Des années plus tard, ce moment allait devenir à la fois une fierté et un sujet de plaisanterie, car Abdelghany n’a cessé de le rappeler aux supporters dans chaque interview, presque comme s’il s’agissait de la seule réussite footballistique de l’Égypte.

Mais à ce moment-là, c’était plus qu’un but ; c’était un pont entre le passé, de Fawzi à Abdelghany, d’une génération à l’autre. Le match s’est terminé sur un score de 1-1, mais dans le cœur des Égyptiens, cela ressemblait à une victoire.