Une nuit sur un chantier, quelque part en Afrique de l’Ouest. Un homme s’avance derrière la clôture et interpelle le contremaître. Il réclame le corps de son frère, mort dans un accident de travail, afin de le rendre à sa famille. Il s’appelle Alboury (Isaach de Bankolé) et ne bougera pas tant que la dépouille du défunt ne lui sera pas rendue. Horn (Matt Dillon), le patron blanc, est intraitable: ce n’est pas possible, il faudra qu’Alboury revienne plus tard, de jour.

Près de quarante ans après son premier long métrage, Chocolat, Claire Denis retrouve Isaach de Bankolé et le continent africain (en l’occurrence le Sénégal) – où elle a grandi et également tourné Beau Travail (1999) et White Material (2010) – avec Le Cri des gardes. Une adaptation de la pièce Combat de nègres et de chiens, de Bernard-Marie Koltès (1948-1989), créée en 1982 à New York puis reprise l’année suivant à Nanterre, au Théâtre des Amandiers, dans une mise en scène de Patrice Chéreau.