Par Mourad Rouighi – De toute évidence, l’axe Alger-Rome n’a jamais été aussi important pour la stabilité du bassin méditerranéen et, au-delà, de l’intégration euro-africaine. Voulu en 2019 par les deux présidents, Abdelmadjid Tebboune et Sergio Mattarella, et par le Premier ministre de l’époque, Giuseppe Conte, cet axe est en train de franchir le cap des sept ans. Et les premiers bilans sont très positifs

C’est que les deux capitales, dans leur partenariat stratégique, ont voulu agir avec pragmatisme et établir un programme de coopération aussi ambitieux que réalisable. Les premiers résultats sont bel et bien devant nous et les plans de travail se succèdent à un rythme soutenu pour maintenir le cap et réaliser davantage.

L’entretien téléphonique d’hier entre Giorgia Meloni et Abdelmadjid Tebboune s’inscrit dans cette ligne d’action, les deux responsables ayant réaffirmé leur engagement à renforcer la coopération économique entre les deux pays.

La visite que Meloni devra effectuer à Alger quelques jours après le mois sacré de Ramadhan confirme un axe dynamique qui s’apprête, nous dit-on à Rome, à dégager de nouveaux horizons, notamment en direction du voisinage immédiat – Tunisie, Libye et Malte –, et à bâtir un «marché au potentiel considérable».

Cette intégration régionale, nous dit un économiste italien basé à Milan, constitue une avancée ultérieure, tout en étayant ses atouts et ses points forts, d’autant que l’Algérie se dote jour après jour d’une structure productrice propice à l’émergence d’un espace économique intégré et compétitif, entre marché intérieur en pleine croissance et secteur des exportations en plein essor.

Sur la question migratoire, l’Algérie a de tout temps mis en garde contre les amalgames et les discours de peur, préconisant une approche humaniste fondée sur le dialogue et la coopération avec les pays d’origine et de transit, dont précisément l’Algérie. Les politiques préconisées ici et là doivent en tenir compte pour réussir la chaîne de développement Europe-Afrique.

Enfin, cet axe est cité désormais en exemple et perçu comme un signal fort d’encouragement. La relation grandissante entre l’Algérie et l’Italie est au cœur d’une vision géopolitique méditerranéenne, dans laquelle ambition lucide, coopération et innovation représentent aujourd’hui les piliers d’un nouveau modèle de partenariat entre les deux rives de la Méditerranée.

M. R.