La locomotive de la croissance mondiale en 2026 n’est autre que l’Afrique. Cette conclusion partagée en début d’année par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, est réitérée par la Banque africaine de développement (B AD), qui vient de publier son rapport sur les perspectives macroéconomiques de l’Afrique. Douze -contre onze d’après les institutions de Bretton Woods – des vingt économies affichant la plus forte croissance au monde en 2025 sont africaines, selon cette étude. Avec des chiffres estimés entre 9,8% et 6% du PIB, ces pays sont notamment l’Ethiopie, le Sénégal, le Rwanda, le Niger, la Guinée, le Bénin, la Côte d’Ivoire ou encore la République démocratique du Congo (RDC). Les experts de l’institution basée à Abidjan estiment que « cette dynamique de croissance devrait se maintenir au cours de la période 2026-27 », dans un contexte international perturbé par la fragmentation géopolitique et marqué par l’incertitude. « Malgré ces vents contraires, le continent a fait preuve d’une forte résilience et reste une frontière de la croissance mondiale », salue Sidi Ould Tah, président de la BAD.
Le « vent contraire » le plus pressant actuellement est bien la guerre au Moyen-Orient. Elle occupe tous les esprits, en raison des escalades enregistrées quotidiennement entre l’Iran et le bloc Etats-Unis-Israël, tant les incidences économiques bousculent aux quatre coins du monde. Entre la flambée quasi-inédite des prix du pétrole et celle des denrées alimentaires, la dépréciation de 29 monnaies africaines, le chamboulement des chaînes d’approvisionnement avec notamment le blocage du détroit d’Ormuz, les effets de la guerre – à la durée et à l’issue incertaines – font couler beaucoup d’encre. Le sujet était à l’ordre du jour de la 58e session de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) qui s’est tenue le 2 avril dernier, à Tanger, au Maroc. « La poursuite du conflit a de sérieuses répercussions sur les marchés […], en particulier en Afrique, où les pressions économiques restent aiguës », fait remarquer Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine (UA).