Comme trois mois et demi plus tôt, les Olympiens menaient d’un but avant les arrêts de jeu et le plan avait été exécuté avec sérieux, talent et un peu de chance aussi, puisque Mason Greenwood avait égalisé sur penalty pour un contact microscopique avec Lucas Chevalier, puis l’OM avait pris l’avantage sur un but contre son camp de Willian Pacho.

Mais deux grossières erreurs ont permis au PSG d’ouvrir le score puis d’égaliser, réduisant à néant les efforts. Malgré une séance de tirs au but ratée, cela reste un match référence de la saison des hommes de Roberto De Zerbi sur lequel s’appuyer avant de voyager au Parc des princes.

I Une palette plus complète qu’au Vélodrome, des corners toujours dangereux

Un simple coup d’œil aux chiffres suffit : avec 17 tirs dont 6 cadrés, contre 9 pour 1 cadré en championnat, l’OM a été bien plus dangereux ce 9 janvier à Koweït City.

Une seule donnée pourrait l’expliquer, le scénario du match, avec un PSG qui a vite mené, l’inverse du 22 septembre. Mais même souvent derrière au score, les Olympiens ont rarement mis le feu à leurs grands rivaux dans l’histoire récente des Clasicos.

Et il a fallu un grand Lucas Chevalier pour éviter aux siens d’encaisser bien plus que deux buts. Excellents sur les attaques rapides partant de leur camp (nous y reviendrons), les équipiers de Geoffrey Kondogbia, bon comme jamais cette saison (voire depuis son arrivée à l’été 2023) ont énormément embêté ceux de Marquinhos.

Et malgré le constat aiguisé de Benoît Cheyrou sur Ligue 1 + dès la 70e seconde (« le pressing marseillais n’est pas inexistant mais il est beaucoup moins important que lors de la 5e journée »), la pression mise sur le PSG a été efficace par séquences, ne serait-ce que psychologiquement.

Peut-être encore étourdi par la bataille gagnée par De Zerbi, Luis Enrique a fait jouer contre nature son gardien, en lui demandant de balancer ses six mètres et dégagements devant au lieu de construire depuis l’arrière, ce qui a permis aux Provençaux de récupérer quelques ballons gratuits à la retombée, notamment sur une occasion de Greenwood à la 18e.

Chevalier s’apprête à jouer court son six mètres, mais les Olympiens sont très hauts.Chevalier s’apprête à jouer court son six mètres, mais les Olympiens sont très hauts. Capture d’écran OM.frDevant l’impossibilité de relancer court, Chevalier est obligé de dégager loin devant.Devant l’impossibilité de relancer court, Chevalier est obligé de dégager loin devant. Capture d’écran OM.frChevalier doit encore relancer long.Chevalier doit encore relancer long. Capture d’écran OM.frPavard récupère un ballon gratuit.Pavard récupère un ballon gratuit. Capture d’écran OM.frGreenwood tire juste au-dessus seulement dix secondes après le dégagement de Chevalier.Greenwood tire juste au-dessus seulement dix secondes après le dégagement de Chevalier. Capture d’écran OM.fr

Cela n’est pas donné à toutes les équipes d’obliger le champion d’Europe à changer son jeu, c’est ce que l’OM a réussi au Koweït. Autre domaine maîtrisé : les corners. Emerson d’un côté et Gouiri de l’autre ont très bien tiré la majorité des 12 coups de pied de coin qui auraient mérité au moins un but, comme sur cette tête de Balerdi sauvée miraculeusement par le portier français.

II Des attaques rapides létales

Rulli, fautif sur l’ouverture du score, a encore été essentiel dans la relance malgré cette énorme erreur, mais contrairement à la précédente au Vélodrome où cela avait très bien marché, il a peu cherché directement Gouiri. Cette fois, c’est en relançant sur un partenaire pas très loin de lui que l’Argentin a entamé bon nombre d’actions qui se sont conclues près de la surface parisienne.

Cela explique la possession plus équilibrée (54% pour Paris, contre 68% en septembre), même si l’OM n’a pas enchaîné des phases de conservation longues. Mais, contrairement au championnat, il y a eu pas mal d’occasions dans le jeu en partant de derrière malgré la pression des joueurs de la capitale, comme via Emerson Palmieri puis Igor Paixao et Benjamin Pavard.

Balerdi a un ballon dans son camp et va initier une attaque rapide.Balerdi a un ballon dans son camp et va initier une attaque rapide. Capture d’écran OM.frLes Olympiens ont réussi à percer le milieu parisien en quelques passes.Les Olympiens ont réussi à percer le milieu parisien en quelques passes. Capture d’écran OM.frEmerson se retrouve en position idéale mais va tirer sur Chevalier.Emerson se retrouve en position idéale mais va tirer sur Chevalier. Capture d’écran OM.frRulli, sous pression, va initier une offensive depuis sa surface.Rulli, sous pression, va initier une offensive depuis sa surface. Capture d’écran OM.fr4 secondes plus tard, les Marseillais sont déjà en supériorité numérique.4 secondes plus tard, les Marseillais sont déjà en supériorité numérique. Capture d’écran OM.frGouiri va centrer sur la tête de Paixao, repoussée par Chevalier, qui stoppera ensuite un tir de Pavard.Gouiri va centrer sur la tête de Paixao, repoussée par Chevalier, qui stoppera ensuite un tir de Pavard. Capture d’écran OM.fr

« Je pense que la verticalité dépend aussi de la physionomie des matches », disait De Zerbi il y a deux semaines. Face au PSG, une équipe qui ne refuse pas le jeu et ne défend pas en bloc bas, les faits lui donnent raison puisque ses hommes n’ont jamais tardé à aller droit au but. En démarrant autour de sa propre surface ou en récupérant le ballon haut, comme sur les deux buts inscrits.

Medina récupère un ballon et joue vite vers l’avant.Medina récupère un ballon et joue vite vers l’avant. Capture d’écran OM.frAubameyang lance Greenwood, qui va obtenir un penalty.Aubameyang lance Greenwood, qui va obtenir un penalty. Capture d’écran OM.frNeves, sur une touche, ne trouve pas de solution.Neves, sur une touche, ne trouve pas de solution. Capture d’écran OM.frTraoré s’arrache et récupère un ballon haut, qu’il bonifiera quelques secondes plus tard en centre décisif pour Pacho.Traoré s’arrache et récupère un ballon haut, qu’il bonifiera quelques secondes plus tard en centre décisif pour Pacho. Capture d’écran OM.frIII Une mauvaise gestion de la profondeur et des contres

Disposés en 5-4-1 sans ballon, les hommes de Roberto De Zerbi ont concédé bien plus d’occasions qu’en championnat. Impossible de ne pas imputer ça à la présence de Neves, Dembélé et Doué dès le départ, puis à celle de Barcola en fin de match, tous absents au Vélodrome.

Quatre agents du chaos pour les défenses adverses, chacun dans leur style, tout comme Nuno Mendes, excellent ce soir-là après avoir été transparent à Marseille. Forcément, grâce à leurs appels et leur sens de la passe, ils ont été durs à maîtriser.

Il semble n’y avoir aucun danger quand Dembélé arme son centre, mais Neves, milieu, et Mendes, latéral gauche, vont plonger.Il semble n’y avoir aucun danger quand Dembélé arme son centre, mais Neves, milieu, et Mendes, latéral gauche, vont plonger. Capture d’écran OM.frBalerdi et Pavard ont disparu du paysage en une demi-seconde, Rulli rate sa sortie, et Mendes ne cadre pas.Balerdi et Pavard ont disparu du paysage en une demi-seconde, Rulli rate sa sortie, et Mendes ne cadre pas. Capture d’écran OM.fr

L’OM, obligé de courir derrière le score, s’est aussi fait prendre plusieurs fois en contre-attaque et a mal géré la profondeur malgré la vitesse très correcte de ses centraux (Balerdi, Medina et Pavard), jusqu’à l’incroyable erreur conduisant à l’égalisation de Ramos à la 95e minute, quelques secondes après la balle de match d’Aubameyang.

Mendes initie un contre et l’OM est transpercé en 5 secondes.Mendes initie un contre et l’OM est transpercé en 5 secondes. Capture d’écran OM.frRulli anticipe bien et Dembélé est un peu court.Rulli anticipe bien et Dembélé est un peu court. Capture d’écran OM.fr

Un axe de progression pour ce dimanche soir pour des Marseillais qui ont gâché un paquet de matches mais ont aussi enchaîné deux Clasicos de qualité pour la première fois depuis le rachat du PSG par le Qatar.

Jamais deux sans trois ? « Il n’y a pas de recette magique, je ne suis pas cuisinier », a-t-il confié vendredi. Mais s’il parvient à concocter un nouveau plat de chef face au PSG de Luis Enrique pour la troisième fois de la saison, il aura mérité son étoile au guide Michelin.