Dans un contexte de relocalisation industrielle et d’essor des marchés automobiles africains, Stellantis accélère le déploiement de son empreinte en Afrique et au Moyen-Orient. Le groupe entend s’appuyer sur des bases de production locales pour soutenir sa croissance et gagner des parts de marché dans la région.
Le directeur des opérations de Stellantis pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Samir Cherfan, a annoncé le mardi 7 avril, l’extension de l’usine Fiat de Tafraoui, dans le nord-ouest de l’Algérie. Cette nouvelle phase du projet industriel vise à porter la capacité de production du site à 135 000 véhicules par an d’ici 2028, et à le positionner comme l’un des principaux hubs de production dans la région Moyen-Orient et Afrique.
L’investissement, dont le montant n’a pas été précisé, entre dans le cadre de la stratégie de Stellantis consistant à renforcer ses capacités industrielles locales pour mieux répondre aux demandes régionales.
Une montée en puissance industrielle accélérée
Entrée en production en décembre 2023, l’usine de Tafraoui a connu une progression rapide de ses volumes, passant de 17 000 véhicules en 2024 à 53 000 en 2025. Pour 2026, le groupe vise une production de 90 000 unités, portée notamment par l’extension en cours et la montée en cadence des lignes existantes.
Au-delà de la seule augmentation des volumes, le projet s’accompagne d’un renforcement des capacités industrielles du site. « Depuis l’inauguration de l’usine en décembre 2023, nous avons enregistré des progrès rapides et tangibles […], tout en mettant en service les ateliers de carrosserie et de peinture en un temps record », souligne Samir Cherfan. Ces infrastructures marquent une étape clé dans l’intégration industrielle du site, en permettant de dépasser le simple assemblage pour se rapprocher d’une production plus complète.
Cette dynamique traduit la volonté du groupe d’installer durablement une base industrielle compétitive en Algérie, capable de soutenir une production à plus grande échelle et de répondre aux standards internationaux.
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Un écosystème local au cœur de la stratégie
Au-delà de la capacité de production, Stellantis met en avant une approche structurée autour du développement d’un écosystème local. « En renforçant l’intégration locale, en soutenant les fournisseurs et en créant plus de 1 000 nouveaux emplois, nous contribuons au développement d’un écosystème robuste et durable, concrétisant ainsi notre objectif de produire dans la région, pour la région », a précisé le dirigeant.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre des exigences fixées par les autorités algériennes, qui conditionnent leurs incitations à un relèvement progressif du taux d’intégration locale. Celui-ci doit atteindre au moins 10% après deux ans d’activité et 30% au bout de cinq ans. Pour les industriels, l’enjeu est donc double : réduire la dépendance aux importations et structurer une chaîne d’approvisionnement locale.
Dans ce contexte, l’extension du site de Tafraoui pourrait accélérer l’émergence d’un tissu de sous-traitants et d’équipementiers, contribuant à la structuration d’une véritable filière automobile dans le pays.
L’Algérie, pièce clé du dispositif régional
L’expansion de Fiat s’inscrit dans une stratégie plus large de déploiement industriel du groupe en Algérie. En janvier, Stellantis a annoncé l’implantation d’une usine de Opel, présentée comme la première du constructeur hors d’Europe, destinée à desservir à la fois le marché algérien et l’ensemble de la région Afrique et Moyen-Orient.
Né en 2021 de la fusion entre PSA Group et Fiat Chrysler Automobiles, Stellantis dispose d’un portefeuille de quatorze marques, dont Fiat, Peugeot, Citroën ou encore Alfa Romeo, pour laquelle un projet d’assemblage en Algérie est également à l’étude.
Au-delà de l’Algérie, le groupe est déjà présent au Maroc et en Égypte, et développe un projet industriel en Afrique du Sud. Cette présence multi-pays répond à une ambition clairement affichée : atteindre une part de marché de 22 % dans la région Afrique et Moyen-Orient à l’horizon 2030, en s’appuyant sur un réseau d’unités de production locales capables de desservir les différents marchés du continent.