Présent depuis des décennies dans le secteur énergétique égyptien, Eni renforce son positionnement dans un pays confronté à des tensions croissantes sur son approvisionnement en gaz. Le groupe italien apparaît comme un acteur central des efforts engagés par l’Égypte pour relancer sa production.
Eni a annoncé le 7 avril dernier la découverte en Égypte d’un important gisement de gaz et de condensats après le forage du puits d’exploration Denise W-1, situé dans la concession offshore de Temsah, en Méditerranée orientale. La société italienne détient 50% des parts de l’actif, aux côtés de BP, qui en possède également 50%.
Selon les premières estimations communiquées par l’entreprise, le gisement pourrait contenir environ 2000 milliards de pieds cubes de gaz (Tcf), ainsi que 130 millions de barils de condensats, des hydrocarbures liquides associés à la production de gaz et valorisables sur le marché.
Les grandes ambitions d’Eni en Égypte
Le site se situe à environ 70 kilomètres des côtes, dans une zone déjà exploitée depuis plusieurs années. Surtout, il est localisé à moins de 10 kilomètres d’infrastructures existantes.
Cette proximité est présentée par la compagnie comme un élément clé. Dans l’industrie pétrolière et gazière, le développement d’un nouveau champ peut prendre plusieurs années, en raison des investissements nécessaires pour construire les installations de production et de transport. Dans ce cas, l’existence d’infrastructures à proximité permet d’envisager une mise en production plus rapide et à moindre coût.
Le gisement présente des caractéristiques géologiques similaires à celles du champ de Temsah, en production depuis le début des années 2000, avec un réservoir de bonne qualité susceptible de faciliter l’exploitation. « Cette découverte renforce l’engagement d’Eni à soutenir les objectifs nationaux de l’Égypte visant à accroître ses réserves et sa production de gaz, contribuant ainsi au renforcement de la sécurité énergétique du pays. Elle confirme également la stratégie du groupe consistant à revitaliser ses actifs en production grâce à des activités d’exploration à proximité des champs existants et fondées sur l’utilisation des infrastructures déjà en place », a déclaré l’entreprise.
L’annonce intervient quelques mois seulement après la présentation par Eni d’un plan visant à investir un total de 8 milliards de dollars en Égypte sur les cinq prochaines années.
Selon les détails rapportés par la presse internationale, les fonds doivent être consacrés principalement au pétrole et au gaz, qui représentent une part essentielle du mix énergétique du pays, notamment pour la production d’électricité.
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Ils visent à soutenir une production nationale en recul ces dernières années, malgré le rôle majeur joué par Eni, qui contribue à une part importante de l’extraction. Selon les données de la Joint Organisations Data Initiative, la production de gaz de l’Égypte a fortement diminué entre 2021 et 2025, contraignant le pays à reprendre des importations de gaz naturel liquéfié.
Un secteur sous pression
Dans ce contexte, les autorités égyptiennes ont multiplié les initiatives pour relancer l’exploration et attirer de nouveaux investissements. Plusieurs accords de forage ont ainsi été conclus en 2024 pour développer de nouveaux puits en Méditerranée et dans le delta du Nil.
Si la découverte annoncée par Eni rejoint cette dynamique de relance, la compagnie n’a pas encore donné de calendrier précis pour l’exploitation du gisement. Pour le gouvernement égyptien, l’annonce est tout de même une bonne nouvelle quand on sait que le pays subit actuellement les contrecoups de sa dépendance aux importations d’hydrocarbures.
Alors qu’il s’approvisionne principalement au Moyen-Orient, la guerre en cours dans la région a obligé les fournisseurs à réduire leurs volumes, ce qui a accentué les tensions sur l’équilibre énergétique de l’Égypte. Le pays a dû rapidement adopter des mesures d’urgence pour limiter sa consommation en attendant de trouver de nouveaux fournisseurs.