La fracture entre Donald Trump et ses alliés européens semble encore un peu plus s’élargir. Selon plusieurs responsables américains, qui s’expriment mercredi 8 avril auprès du Wall Street Journal, la Maison-Blanche envisage désormais de sanctionner les pays de l’OTAN jugés insuffisamment solidaires envers elle et Israël lors de la guerre contre l’Iran. « L’OTAN n’était pas là quand nous en avions besoin », résume une source proche du dossier. Une phrase également reprise par le président américain sur ses réseaux sociaux, qui accuse l’alliance de l’avoir abandonné dans un moment clé.

Le projet, en circulation depuis ces dernières semaines dans les hautes sphères, a reçu un « certain soutien » au sein de l’administration, mais reste, à ce stade, une option.

Distribuer les bons et les mauvais points

Le plan de Washington prévoit notamment le redéploiement des troupes américaines en station en Europe hors des pays membres qui se sont montrés les moins coopératifs durant le conflit l’opposant à l’Iran. Elles seraient envoyées vers des pays plus favorables à la politique de Donald Trump. Aujourd’hui, environ 84 000 soldats américains sont présents sur le continent.

L’objectif est de récompenser les alliés les plus loyaux et d’en punir d’autres, sans aller jusqu’à une sortie complète de l’OTAN, juridiquement impossible sans le Congrès. « Il s’agit de montrer qui soutient réellement les États-Unis », précise un responsable au Wall Street Journal.

Mercredi encore, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, ne mâchait pas ses mots quant à l’organisation : « C’est assez triste que l’OTAN ait tourné le dos au peuple américain ces six dernières semaines, alors que ce sont les Américains qui financent leur défense. » De son côté, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, s’est rendu le même jour au bureau ovale de Donald Trump pour tenter d’apaiser les tensions.

Quels sont les pays qui pourraient être sanctionnés ?

Dans le viseur de Washington se trouvent plusieurs pays, comme l’Espagne, qui a interdit le survol de son espace aérien aux avions américains engagés dans l’opération en Iran. Le gouvernement est également agacé par l’Allemagne, pour ses critiques ouvertes sur la guerre. L’Italie a également brièvement bloqué l’utilisation d’une base aérienne en Sicile et la France n’a autorisé les États-Unis à utiliser une base dans le sud qu’après avoir garanti que seuls les avions non impliqués dans les frappes contre l’Iran y atterriraient. Des restrictions pour lesquelles elles se sont attiré les foudres des États-Unis.

À l’inverse, des pays comme la Pologne, la Roumanie, la Grèce ou la Lituanie pourraient être favorisés. Certains ont rapidement soutenu les opérations américaines et ont été parmi les premiers à manifester leur soutien en vue d’une coalition internationale pour surveiller le détroit d’Ormuz.

Cette réorganisation militaire pourrait avoir des conséquences plus larges. En rapprochant davantage ses troupes de la frontière russe, les États-Unis risquent entre autres d’accentuer les tensions avec Moscou. Plusieurs responsables européens ripostent en affirmant qu’ils n’ont jamais été consultés avant le déclenchement du conflit et qu’il était donc « difficile de coordonner une réponse sans information préalable ».