Publié le 10 avril 2026 à 05:30 par La rédaction
Nicolas Sarkozy défend son innocence face aux accusations de financement libyen lors de son procès en appel, dénonçant une machination politique orchestrée.
À lire plus tardSauvegardéSuivre #actualité#actualité Suivi
Nicolas Sarkozy, figure centrale de la vie politique française, ancien chef de l’État de 2007 à 2012, se retrouve aujourd’hui encore sous le feu des projecteurs judiciaires. Connu pour avoir marqué la France d’une empreinte politique forte et d’un style inimitable, il doit désormais convaincre la justice lors de son procès en appel à Paris. Ce procès fait suite à des accusations explosives : un présumé financement occulte libyen pour sa campagne présidentielle de 2007. Le contexte brûlant ? Les suites du Printemps arabe, la chute du régime Kadhafi, et une vendetta politique internationale qui s’entremêle aux souvenirs de l’Élysée. Récemment, lors du deuxième jour d’interrogatoire, l’ex-président ne s’est pas contenté de nier : il a contre-attaqué, accusant le clan Kadhafi d’être à l’origine d’une véritable machination fondée sur une haine viscérale envers sa personne.
Affaire du financement libyen : la ligne de défense de Nicolas Sarkozy devant la cour d’appel
Dans les prétoires parisiens, Nicolas Sarkozy martèle sa version : selon lui, les accusations visant à l’impliquer dans un financement illicite par le régime Kadhafi sont le fruit d’un règlement de comptes politique. Il évoque une « machination » orchestrée par le clan Kadhafi, motivée par ce qu’il qualifie de « haine viscérale » à son encontre. « C’est un choc pour Kadhafi (…) Il ne supporte pas qu’un chef d’État de la France reçoive quelqu’un qui représente la Libye, qu’il incarne depuis 40 ans », a-t-il souligné devant la cour d’appel. Le 10 mars 2011, alors que la Libye s’embrase et que la France reconnaît officiellement le Conseil national de transition comme seul représentant légitime du pays, la riposte médiatique libyenne fuse. L’agence officielle Jana évoque déjà un « grave secret » susceptible de faire chuter Sarkozy – prélude à une campagne internationale de dénigrement.
Pour Nicolas Sarkozy, tout s’accélère à l’approche de la fin du régime de Mouammar Kadhafi : « Un régime en place depuis plus de 40 ans s’écroule tout d’un coup. Cela provoque une panique chez ces gens qui vont devoir rendre des comptes sur l’argent qu’ils ont détourné de leur propre pays. C’est ça l’histoire. » D’après lui, aucune preuve concrète ne permet d’accréditer l’existence de fonds libyens ayant atterri dans ses comptes de campagne. Il insiste, brandissant l’absence de relevés bancaires ou d’éléments matériels : « La cour comme le tribunal n’ont pas eu le début du commencement d’une preuve, une adresse de banque, un numéro de compte, pas une seule ! »
Plus loin, l’ancien président introduit la notion de vengeance politique, évoquant les déclarations publiques de proches de Kadhafi dès le printemps 2011 et présentant ces allégations comme des manœuvres de déstabilisation. Il s’attaque directement aux protagonistes libyens et à l’intermédiaire Ziad Takieddine, le qualifiant d’« intermédiaire instable et cupide » dont les propos contradictoires relèveraient de « 16 ou 17 versions » différentes.
Sarkozy ne lâche rien sur le fond et défend bec et ongles l’honnêteté de sa campagne de 2007 : « Il n’y a pas eu de circulation de liquide dans ma campagne en 2007. » Face aux juges, il prend aussi soin de rappeler : « Il n’y a pas eu une enquête, il y en a eu deux ! »
Carnets libyens, collaborateurs et argent liquide : les autres points saillants du procès
Au fil des audiences, le procès s’enrichit de révélations et de documents controversés, notamment les fameux carnets de Choukri Ghanem, ancien ministre libyen du Pétrole, découverts par la police néerlandaise après sa mort en 2012. Ces carnets évoqueraient une discussion datée du 29/04/2007 entre dignitaires libyens au sujet d’un financement accordé à la campagne de Nicolas Sarkozy. Pourtant, le principal intéressé dénonce la fragilité de ces éléments. Il note que Béchir Saleh, cité dans les carnets, aurait lui-même apporté « un démenti formel de cette discussion ».
L’un des axes de l’accusation concerne le rôle de l’entourage proche de Sarkozy. Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Élysée, et Brice Hortefeux, ex-ministre, sont accusés d’avoir effectué des « démarches » auprès des Libyens dès 2005, lors de rendez-vous secrets en terrain tripolitaine. Olivier Géron, président de la cour, a souligné la présence de dépôts et de paiements suspects de la part de Claude Guéant à hauteur de 324 657 euros, et la question de l’origine de ces fonds plane encore dans la salle d’audience. À ces accusations, Sarkozy réagit avec une distance marquée vis-à-vis de son ancien collaborateur : « Je ne connais pas la vie personnelle et la façon dont Claude Guéant règle ses dépenses. Il ne m’en a, pour le coup, jamais parlé. C’est à Monsieur Guéant d’expliquer ce qu’il a fait et pourquoi il l’a fait. »
L’organisation financière de la campagne par l’UMP est également passée au crible. Selon le témoignage d’Éric Woerth, les « cercles de donateurs » auraient permis de récolter 4 millions d’euros en 2005, et la circulation d’espèces n’aurait pas excédé 35 000 euros, seuil retenu pour la relaxe de Sarkozy en première instance sur le chef de financement illégal.
Sources : BFMTV, Le Parisien, Franceinfo
À lire aussi :
Procès en appel de Nicolas Sarkozy : l’ancien président face à la justice à Paris
Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy : tensions inédites entre deux présidents français
Nicolas Sarkozy fête ses 71 ans : un anniversaire marqué par un cadeau prestigieux