Ces dernieres mois, difficile de détourner le regard de la guerre en Ukraine et de celle en Iran, où sévissent des frappes quasi quotidiennes. Pourtant, c’est dans ce contexte géopolitique plus que tendu que des scientifiques américains ont voulu attirer notre attention sur un conflit plus silencieux mais non moins pernicieux. Dans une étude, publiée ce jeudi 9 avril dans la revue Science, ils révèlent l’ampleur et les coulisses d’une véritable « guerre civile » entre deux groupes de chimpanzés en Afrique.
Ainsi, dans la forêt de Kibale, en Ouganda, les auteurs de l’étude suivent depuis 1995 une population de plus de 200 chimpanzés du site de Ngogo – la plus grande communauté jamais étudiée. Pendant vingt ans, les singes « vivaient en harmonie », explique le primatologue John Mitani, professeur émérite à l’Université du Michigan et coauteur de l’étude. Ils s’entraidaient, tuaient les singes des groupes rivaux, étendaient leur territoire… Jusqu’en 2015, époque à laquelle le groupe s’est scindé en deux.
Trois ans plus tard, les hostilités ont été véritablement lancées et les deux sous-groupes se livrent désormais à des raids meurtriers pour éliminer les mâles rivaux. Dès 2021, ces attaques se sont également portées sur les plus jeunes, causant la mort de plusieurs bébés singes. À ce jour, plus de 24 singes sont morts dans ces attaques rivales. Et ce bilan est sans doute sous-évalué, au vu du grand nombre de chimpanzés dans la forêt de Kibale. À noter que le dernier bébé chimpa…