Alors que les banques physiques continuent de jouer un rôle essentiel dans le système de paiement sud-africain, de plus en plus de consommateurs se tournent vers des méthodes de paiement numériques ne nécessitant pas de carte bancaire physique.

Cela découle d’une analyse de Thunes, un acteur majeur des infrastructures de paiement transfrontalier, qui met en lumière l’évolution du marché sud-africain vers les portefeuilles numériques et les super-apps.

« De nombreux Sud-Africains possèdent maintenant un smartphone. Pour beaucoup de foyers, cet appareil constitue le principal lien avec les services bancaires, les achats et les services publics », explique l’analyse.

« Même les consommateurs ayant des comptes bancaires traditionnels trouvent plus simple de gérer leurs finances quotidiennes grâce aux applications de banque mobile et aux portefeuilles connectés. »

Selon Thunes, les portefeuilles numériques comblent également le fossé pour les personnes non bancarisées en leur permettant d’envoyer de l’argent simplement avec un numéro de téléphone, parmi d’autres usages.

De surcroît, l’étude précise qu’avec l’ajout de nouvelles fonctionnalités, les portefeuilles numériques tendent à se développer vers des modèles de super-apps.

« Cela se vérifie en Afrique du Sud, où une ou deux applications deviennent le centre névralgique de la vie financière et quotidienne de l’utilisateur », souligne Thunes.

La majorité des consommateurs jugent difficile de jongler avec plusieurs applications présentant différentes logins, structures de frais, et interfaces.

« Si un utilisateur peut payer un taxi, effectuer des paiements en ligne, partager une facture avec des amis et accéder à des crédits dans un environnement familier, c’est ce qu’il privilégie », ajoute-t-il.

Le passage vers l’utilisation de portefeuilles numériques plutôt que de cartes bancaires physiques s’accélère rapidement en Afrique du Sud.

Selon Stitch, une fintech sud-africaine, 70 % des Sud-Africains ont utilisé des portefeuilles numériques pour leurs paiements quotidiens en 2024, contre 46 % en 2023. De plus, un Sud-Africain sur cinq est un utilisateur régulier.

« Les portefeuilles numériques répondent aux besoins des consommateurs ainsi que des commerçants, et leur conception mobile-first en fait un choix séduisant », ajoute l’étude.

Bilan significatif de l’usage des portefeuilles numériques

Les utilisateurs de smartphones sud-africains ont accès à une variété de portefeuilles numériques, en fonction de leur marque d’appareil, à condition que celui-ci prenne en charge la communication en champ proche (NFC).

Les utilisateurs d’iPhone peuvent utiliser Apple Pay, ceux de Samsung peuvent se tourner vers Samsung Pay, tandis que la plupart des smartphones Android peuvent accéder à Google Wallet.

Ce constat s’applique également à un nombre croissant d’utilisateurs de smartphones chinois, produits par des marques comme Honor, Oppo et Vivo.

Il convient de noter que les smartphones Huawei, ne disposant pas des services Google, ne supportent pas Google Wallet.

L’augmentation de l’utilisation des portefeuilles numériques en Afrique du Sud est manifeste parmi toutes les banques qui soutiennent cette fonctionnalité, y compris celles qui ciblent principalement les clients à revenu limité.

Capitec, la plus grande banque d’Afrique du Sud en termes de nombre de clients, a rapporté une hausse de 159 % des volumes de transactions par portefeuilles numériques et une augmentation de 103 % du nombre d’utilisateurs de ces services.

La valeur des transactions via les portefeuilles numériques pour les clients de Capitec a également grimpé de 161 %, passant de 13,1 milliards de rands à 34,2 milliards de rands.

Bien que la banque ait été quelque peu en retard quant au soutien des portefeuilles numériques, cela s’explique par son marché cible, constitué principalement de personnes à revenu faible et moyen.

De nombreux clients ne possédaient pas d’appareils compatibles avec les paiements NFC à l’époque où cette technologie faisait ses débuts.

Cependant, les banques qui ont depuis longtemps adopté les portefeuilles numériques continuent d’enregistrer une croissance significative dans les transactions et les valeurs associées.

Selon Discovery Bank, le pourcentage d’utilisateurs et le montant dépensé par client par l’intermédiaire des portefeuilles numériques ont dépassé la croissance de 32 % de sa clientèle au second semestre 2024.

« Les téléphones mobiles sont le moyen le plus utilisé pour les paiements par portefeuilles numériques, suivis des montres », précise Discovery Bank.

« Les clients utilisent les portefeuilles numériques pour des montants plus faibles mais de manière plus fréquente. »

FNB, une banque bien établie en Afrique du Sud, a également noté une augmentation significative de l’utilisation des portefeuilles numériques ces dernières années.

Entre 2023 et 2024, le volume des transactions par portefeuilles numériques a bondi de 74 %, suivi d’une nouvelle hausse de 45 % entre 2024 et 2025, atteignant un total de 98 milliards de rands.

FNB encourage activement les utilisateurs à adopter les portefeuilles numériques en leur offrant des points dans le cadre de son système de récompenses eBucks.

Les autres banques majeures ont également encouragé l’utilisation des portefeuilles numériques, notamment en raison de la sécurité accrue que fournit la tokenisation et l’authentification biométrique.

Points à retenirLes portefeuilles numériques facilitent l’accès financier à ceux qui n’ont pas de compte bancaire.70 % des Sud-Africains utilisent des portefeuilles numériques pour leurs paiements quotidiens en 2024.Les banques constatent une augmentation notable des transactions et utilisateurs de portefeuilles numériques.La simplicité d’utilisation et la sécurité sont des facteurs clés favorisant cette adoption.Les smartphones deviennent le principal outil pour gérer les transactions financières.

Il est fascinant d’observer cette transition rapide vers les solutions de paiement numériques. Cela soulève toutefois des questions sur l’avenir du secteur bancaire traditionnel. Quelle place réserverons-nous aux banques physiques à l’ère numérique ? À mon avis, il est impératif de réfléchir à l’impact de cette évolution sur l’accès à la finance pour tous et sur la manière dont les institutions peuvent s’adapter à ces nouvelles attentes. Quelles innovations pourraient encore transformer notre façon d’interagir avec l’argent dans les années à venir ?