Les chiffres sont là — près de 50.000 participants, plus de 1.400 exposants, des délégations venues de plus de 130 pays — mais ce n’est pas ce qui marque le plus. Ce qui change, c’est le niveau des échanges. Dans les allées, les conversations ont basculé. L’intelligence artificielle, le cloud ou la cybersécurité ne sont plus présentés comme des sujets d’avenir. Ils sont déjà là, intégrés dans les projets, discutés sous l’angle du déploiement, des coûts et des résultats. On parle moins de vision, plus d’exécution.

Ce GITEX n’a pas donné l’impression d’un événement vitrine. Il y avait plus de rendez-vous, plus de discussions ciblées, plus de profils qui savent ce qu’ils viennent chercher. Startups, investisseurs, grands groupes… chacun arrive avec des objectifs précis. Trouver un partenaire, valider un produit, accéder à un marché. Le niveau d’exigence a clairement monté. C’est ce qui donne cette sensation de densité. Les échanges sont plus directs, parfois plus courts, mais plus utiles.

Le Maroc avance ses pions

Pour le Maroc, l’enjeu est assez clair : utiliser ce type d’événement comme un levier, pas comme une simple vitrine. Marrakech devient un point de passage. Pendant quelques jours, tout se concentre au même endroit. Et ça crée quelque chose. Des connexions, des discussions, des opportunités. « Le Maroc s’impose comme une plateforme de référence en matière d’infrastructures et d’innovation », a rappelé Aziz Akhannouch en ouverture. Le message est posé. Reste maintenant à le concrétiser dans la durée.

Côté startups, le ton est différent. Plus direct, plus dur aussi. Trouver son marché, générer du revenu, tenir dans le temps. Ce sont ces sujets qui reviennent. Le “product market fit” n’est plus un concept qu’on cite dans un panel. C’est une étape qu’on attend. Les investisseurs regardent de plus près. Les programmes d’accompagnement aussi. Les projets doivent aller plus vite, mais surtout être plus solides. Et c’est probablement le signe le plus intéressant de cette édition. 

Ce GITEX Africa confirme une chose : l’écosystème avance. Plus structuré, plus connecté, plus exigeant. Mais comme souvent, le plus important se joue après.

Les cartes ont été échangées. Les discussions lancées. Les intentions sont là. Reste à voir ce qui va réellement suivre. Parce qu’au final, la valeur de ce type d’événement ne se mesure pas pendant, mais quelques mois plus tard.

 

Par K.A