Santiags aux pieds et tête couverte d’un chapeau de cow-boy, Mohamed Bouhris brosse méticuleusement la robe alezane de son cheval, âgé de 12 ans. Un rituel hygiénique quotidien qui révèle le lien fusionnel entre les deux êtres. À les observer, on a l’impression d’être en présence d’un Centaure, animal fabuleux mi-homme, mi-cheval. Dans quelques semaines, le duo entreprendra un long voyage qui les conduira jusqu’en petite Kabylie, à Jijel, terre natale des parents du cavalier.

Mohamed Bouhris n’aurait jamais imaginé un tel périple s’il n’avait pas rencontré Aslan, sa perle rare. Une rencontre qui s’est produite en 2021 à Marseille, dans un élevage de chevaux anglo-arabes, une race parfaitement adaptée aux compétitions d’endurance. Qualité dont l’homme et son cheval devront faire preuve pour parcourir les 1 350 kilomètres qui séparent Nantes de Jijel.

Du chemin à la départementale en passant par le bateau

Ce long parcours démarrera le 8 mai. Il se poursuivra par des étapes d’environ 35 km au quotidien en empruntant chemins, pistes cyclables, mais aussi routes départementales. Il leur faudra entre 40 et 45 jours pourra atteindre les rives de la Méditerranée, à Marseille où ils embarqueront pour une traversée de 24 heures à destination d’Alger. Il leur restera 350 km avant de franchir la ligne d’arrivée à Jijel, la terre ancestrale du cavalier franco-algérien.

Pourquoi Mohamed Bouhris a-t-il choisi de vivre cette aventure à cheval plutôt qu’à pied, à vélo ou tout autre mode de locomotion ? Sa réponse fuse comme une évidence. Le cheval est un animal fabuleux qui a le pouvoir de fédérer. Aslan dont le nom signifie la force tranquille en Turc, sera le médiateur entre les deux rives de la Méditerranée. Et de poursuivre. Je vais vivre une aventure en symbiose avec un animal dont je ne suis pas le maître. Ce sera lui qui, tout au long du chemin, va m’enseigner la patience, le silence et l’humilité, des valeurs que j’ai également reçues de mon éducation familiale.

Champion de France de boxe à quatre reprises dans sa jeunesse, Mohamed Bouhris n’a pas pour objectif principal de vivre cette expérience comme un exploit sportif. La solidarité y aura toute sa place. Avec des amis, j’ai créé une cagnotte pour mener un combat contre la drépanocytose, une maladie dont souffre un membre de ma famille »,confie-t-il. Cette maladie est une anomalie génétique qui entraîne une anémie sévère. Elle atteint surtout les personnes d’origine africaine et du bassin méditerranéen où sévissait le paludisme »,précise-t-il.

Le duo invite à suivre leur aventure sur les réseaux (TikTok, Instagram et Facebook) avec le pseudo Aslan le flamboyant.