Dans les montagnes au sud du Maroc, la terre est durement touchée par la sécheresse.Pour apporter de l’eau aux agriculteurs locaux, des scientifiques ont eu l’idée de capturer l’eau du brouillard.Ce reportage de TF1 montre ce système ingénieux et très efficace.

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Dans le sud du Maroc, au cœur des montagnes de Sidi Ifni, la terre est aride. Le mercure dépasse régulièrement les 40 degrés, et malgré les pluies abondantes en hiver, les cours d’eau sont presque à sec. « À cause de la sécheresse, les gens sont partis du village vers les villes », regrette Mounir Abbar, gestionnaire du projet Fog-Water de la fondation Dar Si Hmad, dans le reportage du 13H ci-dessus. Pour pallier le manque d’eau et la désertification des villages, des scientifiques ont imaginé un système inattendu, mais qui fait déjà ses preuves. 

Ainsi, au sommet du mont Boutmezguida, à 1.200 mètres d’altitude, ils ont installé 124 gigantesques panneaux grillagés et tendus à la verticale. Ces équipements permettent de capturer l’eau du brouillard qui, poussé par les vents froids de l’océan, traverse régulièrement la vallée, même en temps de sécheresse. 

Jusqu’à 100.000 litres d’eau par jour

« Le brouillard se condense, il tombe sur des gouttières puis passe par des canalisations vers des citernes de stockage », montre Mounir Abbar à la caméra de TF1. Goutte après goutte, ce système permet de récolter jusqu’à 100.000 litres d’eau par jour de brouillard. L’eau accumulée est ensuite distribuée, grâce à un vaste réseau de tuyaux souterrains, à 160 foyers, soit près d’un millier d’habitants. 

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Les flux sont régulés par des compteurs prépayés. Pour ne pas gâcher la ressource, des rations de 5.000 litres d’eau par foyer et par mois ont été mises en place. L’arrivée de l’eau est un soulagement pour Lahcen Hamou Ouali, habitant du village d’Id Achour. Il a enfin de quoi arroser son potager et nourrir ses bêtes : « Avant, on allait puiser l’eau et on l’acheminait avec le bétail ou à dos d’âne. Maintenant, l’eau coule à flots », se réjouit-il. Il a fallu 6 ans pour mettre au point ce système qui attire désormais de nombreux investisseurs, y compris étrangers. Grâce à ces fonds, 80 nouveaux panneaux de captation seront installés cette année.

Emma ALLAMAND | Reportage : Samira EL GADIR et Soufiane YASSINE