Dans le prolongement du dégel économique entre l’Algérie et l’Espagne, les patronats des deux pays signent pour développer des projets industriels conjoints. Objectif : accélérer les échanges hors hydrocarbures au moment où  Madrid tente de préserver ses intérêts stratégiques dans ce pays nord-africain où il reste l’un des investisseurs européens clés.

Structurer et concrétiser des projets de coproduction industrielle, c’est l’ambition portée par le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) et la Confederación española de organizaciones empresariales (CEOE). Les deux organisations patronales se sont liées le 9 avril dernier, à Madrid, par un mémorandum d’entente qui donnera lui à la création de groupes de travail mixtes pour identifier les secteurs prioritaires d’investissement. Le but est d’établir la feuille de route opérationnelle qui conduira à la mise en œuvre – à court et moyen termes – de projets conjoints sur le sol algérien.

« Il existe un potentiel important pour diversifier et approfondir davantage encore nos relations d’affaires », estime Antonio Garamendi, président de la Ceoe. « Cette dynamique doit permettre de renforcer la compétitivité de nos entreprises tant algériennes qu’espagnoles, d’accélérer le développement des échanges hors hydrocarbures et d’offrir aux acteurs espagnols des opportunités concrètes d’investissement dans une logique de complémentarité productive et de co-développement », explique pour sa part Kamel Moula, président de la Crea, l’organisation patronale fondée en 2022 mais devenu un puissant fédérateur des entreprises publiques, privés et des start-up du pays, après les déboires d’images encaissés par l’ex-Forum des chefs d’entreprises, lui-même rebaptisé.

Rebond « spectaculaire » du commerce bilatéral

Après deux ans de tensions diplomatiques découlant de la position pro-Maroc de Madrid sur le Sahara Occidental, l’Espagne et l’Algérie ont enterré la hache de guerre en 2024, provoquant le dégel des relations économiques et le rebond des échanges commerciaux. Ces derniers auraient avoisiné les 10 milliards de dollars en 2025, selon les autorités algériennes. Lors sa visite récente à Alger lors de laquelle le président Abdelmadjid Tebboune a réactivé le  traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec Madrid, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, révélait « l’augmentation spectaculaire » des exportations de son pays vers l’Algérie en 2025 qui ont bondi de 270%, atteignant une valeur de 2 133 millions d’euros. Il s’agit principalement des produits agricoles, des machines, des équipements électriques et automobiles ou encore des produits chimiques.