Passer de capitaine du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke à guide de safari en Tanzanie… Pas banal! C’est là le parcours atypique d’Olivier Émond. Il est le seul Québécois qui a ce rôle dans ce pays africain.
Vous avez peut-être déjà vu Olivier sur Instagram. Son histoire s’étale sur 10 ans.
«Je suis arrivé en Tanzanie en 2016 comme prof de français dans une école internationale», s’est-il souvenu en entrevue avec Noovo Info, mercredi. Voici comment on devient ailier rapproché au football universitaire, puis enseignant… et enfin, guide de safari.
L’école tanzanienne où Olivier a commencé à travailler avait beaucoup de programmes de plein air: montagnes, safaris à pied, plongée sous-marine, vélo, yoga…
«Puis, j’ai commencé à m’impliquer là-dedans», raconte-t-il. «J’ai quitté l’enseignement dans une classe – l’enseignement du français – pour devenir guide à temps plein à l’école, puis coordonner les programmes. C’est ce qui m’a amené, à un moment donné, à approcher Dorobo [Tours &] Safari, qui est la compagnie pour laquelle je travaille maintenant comme guide de safari.»
Le caractère éducatif des safaris a facilité l’embauche d’Olivier. «Nos deux projets s’alignaient», souligne-t-il. «[Dans les safaris], on apprend beaucoup sur les écosystèmes qu’on explore, sur les espèces qu’on voit, qu’on observe.»
«J’ai toujours dit que je n’ai jamais quitté vraiment ma mission de l’éducation. C’est juste que je la matérialise différemment.»
— Olivier Émond, guide québécois de safaris en Tanzanie
Il y a toutefois un obstacle important – hormis l’expatriation – avant d’avoir ce genre d’emploi dans le pays. «C’est un emploi qui est protégé par le gouvernement», nous relate Olivier. «Pour être guide, en théorie, il faut un permis de guide, il faut être tanzanien. C’est le premier critère.»
Évidemment, l’ancien footballeur ne remplit pas ce critère. «C’est pour ça que je travaille toujours avec un collègue ou une collègue comme guide quand je pars en safari», dit-il.
C’est pour cette raison qu’il peut pratiquer ce métier, surtout qu’Olivier nous partage qu’il parle le swahili, la langue locale. Sa présence est donc bien perçue.
«Ils sont super accueillants, les Tanzaniens», assure le guide. «Quand ils voient qu’on parle swahili, c’est déjà une porte d’entrée. Et je dis souvent aux Tanzaniens: si on se parle en anglais, qui est l’autre langue officielle, on se parle de tête à tête. Mais si on parle swahili, on se parle de cœur à cœur.»
Désormais, Olivier Émond entretient le rêve d’attirer plus de compatriotes en Tanzanie. «J’ai approché certaines écoles québécoises pour venir en Tanzanie et faire des voyages scolaires», affirme-t-il.
Le rêve? «Qu’il y ait aussi une université québécoise, ou canadienne du moins, qui vienne faire un cours.»