Didier Drogba est né en 1978 à Abidjan, dans le sud de la Côte d’Ivoire. À seulement cinq ans, ses parents le confient à son oncle Michel Goba, qui évolue alors dans le championnat français. Tandis que Goba enchaîne les clubs de deuxième division, le jeune Drogba se forme dans les équipes de jeunes. De retour en Côte d’Ivoire à huit ans, il repart à onze ans pour la France, cette fois définitivement. 

Sur le plan footballistique, il est un retardataire. À 21 ans, il fait ses débuts avec le FC Le Mans en Ligue 2, puis à 23 ans avec l’EA Guingamp en Ligue 1. Après une saison à l’Olympique de Marseille, Drogba rejoint le FC Chelsea à Londres en 2004, à l’âge de 26 ans. Ce sera son club. L’élégant et puissant avant-centre remporte quatre titres de champion d’Angleterre avec les Blues, puis, apogée de son palmarès, la Ligue des champions 2012. En finale face au Bayern Munich, les Londoniens sont largement dominés, mais Drogba arrache l’égalisation d’une tête en fin de match, avant de transformer le penalty décisif lors de la séance de tirs au but.

Sous l’ère José Mourinho, Chelsea endosse alors le rôle du « méchant » sur la scène mondiale, et presque personne ne l’incarne mieux que Drogba. « Si je devais choisir un joueur avec lequel partir au combat », déclare un jour le technicien portugais, « je prendrais Didier. »  Au cours de sa carrière, Drogba est expulsé à sept reprises, notamment en finale de la Ligue des champions 2008 contre Manchester United pour un coup de coude sur Nemanja Vidic. En demi-finale contre le FC Barcelone en 2009, il agresse verbalement l’arbitre Tom Henning Övrebö et écope de trois matchs de suspension ; l’officiel norvégien reçoit même des menaces de mort. « Sur le terrain, je suis une autre personne et, parfois, je ne me reconnais pas », confessera-t-il. Un casse-cou sur la pelouse, un ambassadeur de paix en dehors.