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KUGOMPO CITY, Afrique du Sud, 16 avril (Reuters) –
L ‘opposant sud-africain Julius Malema a été condamné jeudi à une
peine de prison pour avoir tiré en l’air avec un fusil lors d’un
rassemblement politique, une décision qui pourrait compromettre
son avenir politique.
Julius Malema, personnage politique de premier plan en
Afrique du Sud, avait été reconnu coupable l’an dernier de
plusieurs chefs d’accusation, dont la détention illégale d’une
arme à feu et le fait d’avoir déchargé une arme dans un lieu
public. Il a été autorisé à relever appel de sa condamnation et
a été remis en liberté dans l’attente de l’examen du dossier par
la Haute Cour.
Alors que l’audience se poursuivait, des centaines de
partisans de son parti d’extrême gauche, les Combattants pour la
liberté économique (EFF), se sont rassemblés devant le tribunal,
vêtus des bérets rouges emblématiques du mouvement et entonnant
des chants de campagne.
Selon le juriste Ulrich Roux, Julius Malema ne sera pas
incarcéré tant que la procédure d’appel sera en cours. Le
dirigeant de l’EFF a déclaré qu’il porterait l’affaire jusqu’à
la plus haute juridiction du pays, la Cour constitutionnelle,
une démarche qui pourrait prendre des années, a ajouté Ulrich
Roux.
Julius Malema a été reconnu coupable l’an dernier de cinq
chefs d’accusation après avoir tiré avec une arme à feu dans un
stade de la province du Cap-Oriental en 2018.
« Il est clair que si les crimes sont tolérés et restent
impunis, cela constitue une menace grave pour notre État
démocratique », a déclaré la magistrate Twanet Olivier avant de
prononcer la peine.
En vertu de la Constitution sud-africaine, une peine de
prison de 12 mois ou plus, si elle est confirmée après
l’épuisement des voies de recours, empêcherait Julius Malema
d’exercer un mandat parlementaire.
Une telle issue constituerait un revers majeur pour son
parti, qui bénéficie d’un fort soutien parmi les jeunes
Sud-Africains excédés par les inégalités raciales persistantes
depuis la fin du régime d’apartheid, en 1994.
L’EFF plaide notamment pour la nationalisation des mines et
la saisie des terres appartenant aux agriculteurs blancs.
Le tribunal a condamné jeudi Julius Malema à cinq ans de
prison pour détention illégale d’une arme à feu et à deux ans
supplémentaires pour détention illégale de munitions.
Il lui a également infligé des amendes pour les trois autres
infractions, dont celle d’avoir fait usage d’une arme à feu dans
une zone urbanisée, assorties de peines de prison en cas de
non-paiement.
Les avocats de Julius Malema ont fait valoir qu’il n’avait
pas l’intention de causer des dommages en tirant avec l’arme,
affirmant qu’il s’agissait d’un geste de célébration.
(Johnnie Isaac et Anathi Madubela;
version française Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)