Est-ce une alerte pour la mobilité électrique ? Ce vendredi 6 février le groupe Stellantis (disposant de 14 marques automobiles dont Peugeot et Citroën) a secoué les marchés en annonçant un « reset » qui va lui coûter 22,2 milliards d’euros de charges exceptionnelles dans ses résultats annuels qui doivent être publiés à la fin du mois.
« Les charges exceptionnelles annoncées reflètent en grande partie le coût d’avoir surestimé le rythme de la transition énergétique, ce qui nous a éloignés des besoins, des moyens financiers et des désirs réels de nombreux acheteurs », justifie dans un communiqué Antonio Filosa, directeur général de Stellantis depuis près d’un an.
Le constructeur estime que les ventes de véhicules électriques ont été exagérées dans ses business plans précédents et entend revenir à ses fondamentaux. « Stellantis s’engage à être une référence en matière de liberté de choix », précise le groupe, qui va présenter un nouveau plan stratégique en mai. À en croire pourtant l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), les ventes de voitures électriques en Europe ont progressé de près de 4 points en 2025. Sur un total de 10,8 millions de véhicules vendus, elles représentent 17,4 % du marché.
En France, la hausse a été de 12,5 % et le début d’année 2026 reste sur une bonne dynamique. Selon le baromètre mensuel de la Plateforme automobile, les voitures électriques ont constitué 28,3 % des ventes en janvier 2026 dans l’Hexagone (30.300 unités).
Un niveau jamais atteint, toutefois entretenu par la relance du leasing social pour ce type de motorisation et la délivrance à venir de 50.000 véhicules, sans oublier le maintien en 2026 du bonus écologique. Reste à savoir si cette dynamique tiendra sur la durée – pour ces véhicules plus onéreux que les moteurs thermiques – après le recul récent de la Commission européenne sur deux points cruciaux.