CDG Capital et Bpifrance ouvrent une nouvelle séquence dans la coopération économique entre le Maroc et la France. À travers un mémorandum d’entente signé à Casablanca, les deux institutions entendent structurer un cadre de financement et d’accompagnement dédié à des projets stratégiques dans plusieurs secteurs clés.

Un nouveau jalon vient d’être posé dans la coopération économique entre Rabat et Paris. En signant un mémorandum d’entente, CDG Capital et Bpifrance affichent l’ambition de structurer un cadre de coopération capable de faire émerger, financer et accompagner des projets stratégiques portés de part et d’autre de la Méditerranée. Derrière la portée institutionnelle de l’annonce, l’enjeu est surtout opérationnel. Il s’agit de donner davantage de profondeur financière et de lisibilité à des projets appelés à se déployer dans des secteurs jugés prioritaires pour les deux pays.

Des secteurs à fort effet d’entraînement
L’accord vise des domaines à forte intensité capitalistique et à fort effet d’entraînement, notamment l’énergie, les infrastructures, l’industrie et la mobilité durable. Ce choix n’a rien d’anodin. Il traduit une volonté de concentrer les efforts sur des segments capables d’alimenter une coopération économique de long terme, au moment où le Maroc accélère plusieurs chantiers structurants et où les entreprises françaises cherchent à consolider leur présence sur des marchés à fort potentiel. Dans cette architecture, les deux institutions entendent mettre à profit la complémentarité de leurs expertises, aussi bien en matière de financement que d’accompagnement des entreprises.

Un cadre pensé pour structurer les financements
Au-delà de la déclaration d’intention, le partenariat se veut concret. CDG Capital et Bpifrance prévoient d’accompagner des projets portés par des entreprises marocaines et françaises, de faciliter la mise en relation de leurs écosystèmes respectifs et de co-développer des solutions de financement adaptées. Le communiqué insiste sur des mécanismes de cofinancement et de garanties, signe que l’objectif n’est pas seulement de soutenir des initiatives isolées, mais bien de construire des montages robustes capables de sécuriser des investissements d’envergure. Cette logique de structuration financière apparaît comme le cœur du dispositif.

Un forum d’affaires pour passer à l’opérationnel
La tenue, dans la foulée de la signature, d’un forum d’affaires conjoint va dans le même sens. Organisé le 15 avril, ce rendez-vous a été conçu comme un cadre de travail destiné à faire remonter des opportunités concrètes de collaboration et à accélérer la structuration de projets. Autrement dit, les deux partenaires cherchent à raccorder l’ambition institutionnelle aux besoins du terrain, en créant un espace où les entreprises, les financeurs et les porteurs de projets peuvent transformer une convergence diplomatique et économique en dossiers activables.

Une ambition de long terme entre les deux écosystèmes
Les déclarations des responsables des deux institutions éclairent d’ailleurs sur la philosophie de ce rapprochement. Meriem Laraichi, directeur du pôle Développement de CDG Capital, met en avant la volonté de connecter durablement les écosystèmes marocain et français et de contribuer, grâce à l’expertise de la banque en arrangement, structuration et mobilisation des financements, à des montages adaptés aux réalités locales.

Du côté de Bpifrance, Olivier Vincent, directeur exécutif Export, souligne le dynamisme des relations économiques entre les deux pays, et inscrit ce partenariat dans la continuité du Forum d’affaires Maroc-France 2030, après le succès d’une première édition en avril 2025.

Deux institutions au service des projets structurants
L’intérêt de ce rapprochement tient aussi au positionnement des deux institutions. Filiale de la CDG créée en 2006, CDG Capital s’est imposée comme une banque des institutionnels tournée vers le financement de long terme et l’appui aux grandes stratégies publiques. Bpifrance, de son côté, déploie une palette large de solutions en crédit, garantie, fonds propres et accompagnement à l’export. Ensemble, elles cherchent désormais à faire de la relation économique Maroc-France un levier mieux structuré, plus fluide et davantage orienté vers l’exécution. Dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur et de montée en puissance des investissements industriels et énergétiques, ce partenariat pourrait devenir un outil de plus dans la fabrique des projets de la prochaine décennie.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO