Le partenariat stratégique, en chiffres
À l’occasion de la Journée de l’avenir des PME (Mittelstand), organisée le 15 avril dernier à Berlin, en coordination avec l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), la Fédération allemande des petites et moyennes entreprises (BVMW) a souligné les perspectives concrètes du partenariat avec le Maroc, en particulier dans les provinces du sud et dans la région de Dakhla-Oued Eddahab, qui représente un terrain d’opportunités pour Berlin.
Dans un contexte géopolitique mondial qui influence les décisions d’investissement, le Maroc s’impose comme un partenaire clé de la stratégie d’investissement allemande, grâce à sa position géographique, sa stabilité et ses ambitions économiques, ce qui ouvre la voie à des partenariats durables et à forte valeur ajoutée au Sahara.

L’Agence marocaine pour le développement des investissements et des exportations (AMDIE) est le principal organisme chargé de promouvoir les investissements étrangers au Maroc. Sur la photo, son directeur général, Ali Seddiki – ATALAYAR/GUILLERMO LÓPEZ
Attrait croissant
S’adressant à la presse marocaine, Andreas Jahn, président international de la BVMW, a souligné l’attrait croissant du Maroc pour les entreprises allemandes, évoquant une nouvelle phase dans les relations économiques bilatérales.
La participation du Maroc à cet événement a suscité un grand enthousiasme parmi les entrepreneurs allemands qui ont découvert des opportunités d’investissement concrètes, durables et structurées dans les provinces du Sud.
Avec un attrait croissant et une large projection africaine, le Sahara marocain devient une destination d’investissement hautement compétitive, grâce à l’Initiative royale atlantique, destinée à fournir aux pays du Sahel un corridor logistique reliant Tanger à la façade occidentale de l’Afrique.
Lors de sa récente visite à Dakhla, la délégation d’entreprises allemandes a exploré un écosystème favorable à l’investissement, caractérisé par la qualité des infrastructures, l’engagement des autorités locales et un environnement propice au développement de projets à court et à long terme.

La délégation allemande s’est rendue à Dajla, une ville en plein essor qui offre de nombreuses possibilités d’investissement. Sur la photo, l’entrée de Dajla – PHOTO/ATALAYAR
Secteurs clés
Les secteurs qui intéressent les entreprises allemandes sont variés et vont de l’industrie à l’automobile, en passant par les technologies de pointe, les matériaux et les ressources. Cette diversification traduit l’ambition allemande de renforcer son positionnement stratégique dans des secteurs à fort potentiel tels que :
Le secteur pharmaceutique : l’entreprise Bayer a récemment investi 200 millions de dirhams pour mettre en service trois nouvelles lignes de production dans son usine de Nouaceur et exporter vers 45 pays de la région EMEA.
Le secteur logistique : le groupe Dachser prévoit la construction d’un site de plus de 75 000 m² à Tanger Automotive City, comprenant un entrepôt de 20 000 m², d’ici fin 2027, ainsi que des investissements prévus dans les provinces du sud pour 2028 ou 2029.
Le secteur automobile : le groupe allemand Leoni accélère son développement avec un investissement prévu de 230 millions d’euros à Agadir (3 000 emplois directs d’ici 2027), une nouvelle usine à Bouskoura intégrant un centre de R&D ; une nouvelle usine de câblage à Kénitra ; ainsi qu’une extension de son pôle industriel à Berrechid.
Le secteur technologique et l’intelligence artificielle : la filiale du groupe allemand MikroPlan, Energie Noire, construit deux centres à Casablanca et à Juribga, dédiés au développement de solutions logicielles et ERP (Enterprise Resource Planning) pour les PME. Une académie informatique sera également créée à Fès fin 2026, afin de soutenir la transformation numérique des entreprises marocaines et de former les jeunes talents aux métiers du numérique.
Le partenariat stratégique, en chiffres
Plus de 300 entreprises opèrent dans ce pays d’Afrique du Nord, générant près de 35 000 emplois. Ainsi, l’investissement allemand au Maroc connaît une croissance significative, avec des flux d’investissements directs étrangers (IDE) atteignant 2,1 milliards d’euros en 2024, ce qui place l’Allemagne en deuxième position parmi les investisseurs étrangers.
Il convient de rappeler que le volume des IDE a été multiplié par cinq depuis 2011, atteignant 1,4 milliard d’euros en 2023. Cette dynamique est principalement soutenue par le secteur automobile, emmené par le groupe Leoni, et par les ambitieux projets logistiques qui renforcent le partenariat économique entre Rabat et Berlin.
Sur le plan commercial, les échanges de marchandises entre les deux pays ont atteint 7,4 milliards d’euros en 2025 (+10 %), avec 3,5 milliards d’euros d’exportations marocaines vers l’Allemagne et 3,9 milliards d’importations.
L’Allemagne se positionne ainsi comme le cinquième client et le sixième fournisseur du Maroc, ce qui confirme l’ancrage économique bilatéral qui lie l’Allemagne et le Maroc en tant que partenaires stratégiques.

Vue aérienne de Tanger Automotive City – PHOTO/ TANGER AUTOMOTIVE CITY
Les investissements allemands dans les provinces du Sud démontrent le rôle clé des entreprises dans le renforcement du partenariat stratégique entre le Maroc et l’Allemagne, afin de stimuler la création d’emplois au Maroc, d’accélérer l’intégration de l’économie marocaine dans les chaînes de valeur européennes et de promouvoir les potentiels d’expansion pour les entreprises allemandes.
Pour sa part, Katharina Felgenhauer, directrice générale de la Chambre allemande de commerce et d’industrie au Maroc (AHK Maroc), a affirmé que ces investissements illustrent concrètement la solidité et le dynamisme des relations économiques maroco-allemandes, tandis que la diversité des secteurs reflète l’attrait croissant du Maroc en tant que destination d’investissement.
Mme Felgenhauer a souligné le rôle essentiel du secteur privé dans le renforcement d’un partenariat durable entre les deux pays, en mettant l’accent sur l’intérêt que présentent les provinces du Sud en tant que région en pleine transformation et pôle économique émergent capable d’attirer des investissements internationaux fondamentaux.
Cette coopération maroco-allemande s’est construite sur la base de plusieurs accords :
La convention visant à éviter la double imposition, en 1972.
L’accord de protection des investissements de 2008.
Le Partenariat énergétique maroco-allemand (PAREMA), en 2012.
L’investissement dans l’hydrogène en 2020.
L’alliance climatique et énergétique de 2023, axée sur les défis industriels et environnementaux.