Pourquoi l’énergie coûte-t-elle plus cher en Europe qu’aux États-Unis ?
Il rappelle en outre que l’énergie coûte plus cher en Europe qu’aux États-Unis, avec un risque pour notre tissu industriel. “Le gaz coûte quatre fois moins cher aux USA, ce qui crée un effet gigantesque de délocalisation. Des entreprises préfèrent renoncer à payer leur énergie chère en Europe, produire aux États-Unis et exporter vers l’Europe.”
La dépendance et la vulnérabilité des pays européens sont loin d’être neuves, mais le temps des échanges entre copains est terminé. Et les chocs se font sentir plus rapidement. D’abord, parce que le besoin énergétique a augmenté.
Conflit au Moyen-Orient: devons-nous craindre une hausse encore plus brutale des prix de l’énergie dans les prochains jours ?Le maintien de la filière nucléaire en Belgique aurait-il pu nous protéger de la hausse des prix ?
“Dans certains pays, comme la Belgique, le nucléaire jouait un rôle plus important que ce qu’il joue maintenant, en partie compensé par les énergies alternatives, cependant. Mais je pense qu’on a vécu une période de grâce, en quelque sorte, essentiellement parce que le gaz russe n’était pas cher et que la Russie n’était pas notre ennemie.”
Le recul permet de prendre conscience de répercussions énormes et durables de l’attaque russe en Ukraine. Une attaque que personne n’aurait imaginée à l’aube du siècle. Et qui a ouvert la boîte de Pandore. “Après le choc pétrolier de 1979, la mondialisation a permis à une URSS disloquée d’exporter son gaz dans des conditions acceptables, au sein une époque industrielle plutôt positive, maintenant révolue. ”
Nucléaire : l’Arizona a abrogé la loi de 2003 et veut construire de nouvelles centrales en 2026Pourquoi les alliances du passé ne sont plus d’actualité ?
Après la Russie, spectaculairement postée face aux Européens depuis 2022, ce sont les États-Unis qui abîment leur amitié avec le Vieux continent. “On est largement dépendant des Américains pour le gaz, sous forme de gaz naturel liquéfié, précise Adel El Gammal.
« Mais les États-Unis sont devenus un partenaire extrêmement instable. Donald Trump a même évoqué cet élément dans sa crise d’insatisfaction suite au refus des alliés européens d’intervenir dans le détroit d’Ormuz.”