Un loup en Éthiopie, qui butine des fleurs et le tout un 1er
avril ? Vous aviez failli vous faire avoir n’est-ce pas ? Pourtant,
rien de tout ça ne s’apparente à une blague. Bien au contraire.
L’espèce dont nous allons vous parler répond à plusieurs noms. En
amharique, langue la plus parlée en Éthiopie, il est connu sous le
nom de Ky Kebero. Les scientifiques s’attachent à l’appeler
Canis simensis, quand en français, on lui donne le nom de
Loup d’Éthiopie ou bien de Cabéru. Derrière ces appellations se
cache une espèce de loup extrêmement rare dont la population ne
dépasse pas les 500 individus à l’état sauvage et qui s’adonne donc
à une activité très particulière : le butinage des
fleurs. 

Le loup d’Éthiopie, un mammifère carnivore
pollinisateur ?…

Ressemblant au renard que l’on peut retrouver en Europe, le loup
d’Éthiopie est comme son cousin du Vieux Continent, un carnivore.
Se nourrissant de petits rongeurs ou de petits oiseaux, sa proie
favorite est le rat-taupe géant. Mais ce n’est pas le régime ultra
protéiné du canidé qui nous intéresse aujourd’hui, mais bien le
fait qu’il butine des fleurs.

Et c’est ce secret méconnu et très surprenant qui nous est
présenté dans le film documentaire «Le secret du loup d’Éthiopie»
qui sort en salle ce mercredi 1er avril 2026. Avec l’aide de
l’Ethiopian Wolf Conservation Programme (EWCP), Baptiste
Deturche et Adrien Lesaffre ont donc suivi quelques temps ces
canidés uniques au monde dans les hauts plateaux éthiopiens pour
nous proposer des images exceptionnelles de cet animal. 

Nous avons pu échanger avec Baptiste Deturche, cinéaste
animalier, qui a pu se confier sur la réalisation de ce
documentaire. Lui qui est passionné par le sauvage avec la volonté
«d’amener du sauvage chez les gens», nous a-t-il dit, n’a
pas su résister à la tentation de partir à l’aventure lorsque
Adrien Lesaffre lui a parlé d’un loup «qui butine les
fleurs» en Éthiopie. 

Forcément, une question nous vient en tête. Est-ce que l’on peut
parler de ce loup comme étant un pollinisateur comme le sont les
abeilles ou certains oiseaux ? 

La réponse n’est pas simple : Non, mais…, « Aujourd’hui, il
n’y a pas eu d’études ou de protocole scientifique clair pour
prouver que le loup d’Éthiopie serait bel et bien un pollinisateur.
Cependant, les différentes observations que l’on en a fait portent
à croire qu’il en serait un.» précise Baptiste Deturche qui
explique également qu’Adrien Lesaffre avait pu photographier le
canidé africain avec la truffe toute jaune à cause du pollen et
qu’il aurait très bien pu le disperser pour permettre à d’autres
fleurs de pousser. Cependant, cette image marquante ne figure pas
dans le documentaire.

Mais tout cela n’est qu’une hypothèse et rien ne permet de
prouver aujourd’hui que Canis simensis est bel et bien un
pollinisateur.

Ainsi, si le secret du loup d’Éthiopie a été filmé, il avait,
avant cela, fait l’objet d’une étude dans la revue Ecology en novembre
2024 lorsqu’il avait été observé pour la toute première fois, le
mystère reste entier. «La seule chose que l’on sait sur ce
comportement, c’est qu’il existe et uniquement dans une région
spécifique de l’Éthiopie. On ne sait pas si c’est inné, si c’est
acquis.» nous expliquait le cinéaste animalier. 

Pourquoi fait-il ça ? Pourquoi uniquement dans cette région ?
Manque-t-il de nourriture ou bien est-ce que le butinage est un peu
comme un «cheat meal» pour nous ? Beaucoup de questions,
mais très peu de temps pour y répondre. 

Et c’est bien ça le problème. En effet, alors que comportement
vient d’être découvert, la communauté scientifique pourrait ne
jamais trouver de réponse à toutes les questions qu’elle pourrait
se poser au sujet du secret du loup d’Éthiopie. 

… Et en danger
d’extinction

Si Baptiste Deturche et Adrien Lesaffre ont souhaité mettre en
lumière ce loup vivant dans les hauts plateaux d’Éthiopie ce n’est
pas uniquement parce qu’il butine des fleurs. Non, c’est aussi
parce qu’il est en train de disparaître peu à peu. 

Aujourd’hui, il en reste moins de 500 à l’état sauvage. Et si
l’on prend le pas de se dire qu’il s’agit d’un potentiel
pollinisateur, il s’ajouterait donc à la liste de ces espèces
permettant la survie des plantes et qui sont aujourd’hui en déclin
comme le rappelaient la Ligue pour la protection des
oiseaux
ou bien le Muséum national d’histoire
naturelle
.

Et les raisons derrière cette population en baisse sont les
mêmes que pour les pollinisateurs prouvés. En effet, le loup
d’Éthiopie est confronté au changement climatique, à une présence
accrue de l’humain dans son environnement et donc à des conflits
entre les deux espèces. 

Alors pour découvrir ce canidé au comportement très spécial,
découvrez, ce 1er avril 2026, «Le secret du loup d’Éthiopie»,
actuellement en salles.