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Gigantisme, démesure… Le pays des pharaons n’en finit pas de dépenser pour monter des méga projets urbains. Cela s’explique peut-être par la nostalgie du brillant passé architectural de l’Egypte, qui a donné au monde les fameuses pyramides et d’autres merveilles. Le pays n’a même pas encore jaugé les retombées de la nouvelle capitale administrative et vient d’inaugurer le plus grand musée du monde, le président Abdel Fattah al-Sissi repart déjà pour un autre chantier presque tout aussi ambitieux…
Il faut croire que les financements des pays du Golfe sont illimités. Mais cette fois c’est un investisseur égyptien qui est à la manoeuvre, en l’occurrence le ténor de l’immobilier Talaat Moustafa Group (TMG). Il a officialisé le week-end dernier l’installation d’une ville nouvelle dénommée «The Spine», à l’est du Caire. Pour ça il dégagera une enveloppe de 1400 milliards de livres égyptiennes (27 milliards de dollars).
D’après les éléments exposés par Hisham Talaat Moustafa, le PDG du groupe, lors d’une conférence de presse, ce projet sera installé sur près de 2,4 km². La société ambitionne de bâtir un complexe urbain intégré, composé de quartiers résidentiels, espaces commerciaux, bureaux, hôtels, zones de loisirs, centres de vente au détail et de grands espaces verts publics qui devraient occuper plus de 70% de la surface globale. Il accueillera plus de 160 immeubles résidentiels, de bureaux et commerciaux.
Ce programme sera matérialisé avec le concours de la National Bank of Egypt (NBE), laquelle prendra part au capital de la société porteuse du projet assise sur 69 milliards de livres égyptiennes (1,3 milliard $) de capital libéré. Par ailleurs «The Spine» devrait décrocher le statut de zone d’investissement spéciale, comme Madinaty, un autre mégaprojet de TMG. Cette disposition offre un cadre réglementaire et fiscal incitatif pour capter capitaux et investisseurs.
D’après M. Moustafa, cette nouvelle cité pourrait rapporter à l’État près de 818 milliards de livres égyptiennes de recettes fiscales, entre impôts sur les sociétés, TVA, taxes foncières et autres apports financiers générés par les activités économiques sur place. Par ailleurs le groupe escompte plus de 55 000 emplois directs et plus de 100 000 emplois indirects.
Le développement urbain porte l’économie égyptienne. Les nouvelles villes, les zones économiques spéciales, les pôles touristiques et les corridors logistiques poussent comme des champignons, drainés par des flux d’investissements étrangers très denses, notamment les pétrodollars du Golfe. Parmi les nouveaux joyaux il y a Ras El Hekma, niché sur la côte méditerranéenne, l’un des plus programmes immobiliers les plus ambitieux de l’histoire du pays.
Installé dans le gouvernorat de Matrouh, à quelque 350 km au nord de la capitale, ce méga projet s’étalera sur une superficie de 170 km² et attirera à terme jusqu’à 2 millions d’habitants. Au menu un imposant complexe touristique, une zone franche, des infrastructures portuaires et aéroportuaires, des quartiers commerciaux et résidentiels, des infrastructures de niveau international dit-on.
Ras El Hekma a été scellé en février 2024 entre l’Égypte et les Émirats arabes unis, à travers le fonds souverain d’Abu Dhabi, ADQ. En plus de ça Qatari Diar, le segment immobilier du fonds souverain qatari, a dévoilé en novembre 2025 qu’il projette de décaisser près de 30 milliards de dollars pour un complexe touristique de haut standing à Alam Al‑Roum, toujours dans le gouvernorat de Matrouh…
Ce méga site, monté avec la coopération de l’Autorité des nouvelles communautés urbaines (NUCA), sera aménagé sur quelque de 20,2 km², avec pour optique la transformation d’un espace quasiment inhabité en pole touristique et d’investissement animé durant toute l’année.
Enfin Qatari Diar doit débourser quelque 3,5 milliards de dollars pour l’achat du terrain, plus 26,2 milliards additionnels au titre d’investissements en nature pour installer un site urbain intégré englobant des quartiers résidentiels, des hôtels affichant quelque 4500 chambres, des marinas, des équipements de loisirs, des golfs, des écoles, des universités et une pléthore d’infrastructures publiques.
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