Le département de Koungheul est appelé à devenir un pôle majeur de la filière coton au Sénégal grâce au Promoren. Entre irrigation, hausse des rendements et structuration d’une chaîne de valeur intégrée, les facteurs sont réunis, selon le ministre de l’Agriculture.
Avec le Projet de mobilisation des ressources en eau du bassin versant du Nianija Bolong (Promoren), Koungheul pourrait devenir un nouveau pôle de production cotonnière à haute valeur ajoutée. C’est la conviction du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne.
Pour rappel, le Promoren prévoit de mobiliser 46,6 millions de m³ d’eau par an et de mettre en valeur 12.000 hectares de terres agricoles. Selon le ministre, ce projet est susceptible de transformer en profondeur le département, en s’appuyant sur la mobilisation des ressources hydriques et le développement de la filière coton. « Cette manne hydrique doit permettre l’implantation de coopératives agricoles communautaires, le développement de cultures fourragères (maïs, sorgho, luzerne) ainsi que l’émergence de fermes agro-industrielles intégrées. L’objectif est l’autosuffisance en viande rouge, en moutons de Tabaski et en lait », a-t-il indiqué dans une note transmise à notre rédaction.
Parallèlement, le pari du coton irrigué ouvre de nouvelles perspectives. « Alors que le rendement moyen en culture pluviale avoisine 750 kg à l’hectare, les systèmes irrigués peuvent atteindre entre 2.500 et 3.000 kg, rendant la production nettement plus rentable. Le Sénégal, qui a déjà franchi le cap des 25.000 tonnes avec un rendement moyen de 1,3 tonne à l’hectare, entend accélérer cette dynamique grâce à l’irrigation d’appoint », a-t-il précisé.
En partenariat avec Sodefitex, Domitexka, GIZ et KfW à travers le programme « Invest for Jobs », le ministère entend structurer une filière coton intégrée. L’objectif est de produire plus de 25 000 tonnes de coton conventionnel pour alimenter les industries textiles locales, telles que Pitex, Domitexka ou encore Aïssa Dione Tissus, et 5.000 tonnes de coton biologique destinées à un marché international à forte valeur ajoutée.
Pour soutenir cette montée en puissance, 17.000 hectares supplémentaires seront aménagés, répartis entre agripreneurs et grandes exploitations agricoles appelées à jouer un rôle moteur dans la filière. « L’État entend également sécuriser les débouchés à travers des partenariats avec plusieurs ministères, notamment pour la fourniture d’uniformes aux forces armées, aux écoles, aux services de santé et à l’administration. Une stratégie visant à ancrer durablement la demande locale et à promouvoir le « Made in Sénégal » », a expliqué le ministre.
Au total, ce programme devrait générer 5.000 emplois directs, en priorité pour les jeunes et les femmes, et repositionner durablement Koungheul comme un pôle agro-industriel majeur, a-t-il ajouté.
Elhadji Ibrahima THIAM