Vive émotion au Mazarin, où la réalisatrice Leyla Bouzid, accompagnée de la comédienne Hiam Abbas, est venue présenter fin mars en avant-première son film À voix basse. Non sans humour, un spectateur a signalé que si l’on enlève le mot » voix » au titre cela sonne comme le nom de l’actrice franco-palestinienne. Celle-ci illumine de sa présence et de son talent sobre ce long métrage puissant, qui brosse le portrait de trois générations de femmes, et raconte aussi une histoire d’amour entre deux femmes dans une Tunisie chargée d’interdits.
« J’ai eu beaucoup de chance d’avoir eu à mes côtés Hiam, confie la réalisatrice. Elle a été généreuse avec le film, où elle est arrivée assez tard, après une rencontre faite à la cinémathèque de Toulouse. Elle habite les silences qui vous foudroient. » En réponse, Hiam Abbass, polyglotte et déjà bien reconnue à l’international, dit avoir adoré le travail de Leyla Bouzid : « Quand j’ai lu le scénario, j’ai dit vouloir participer à l’aventure et voulais me sentir utile. »
La maison, un véritable personnage
Voulant mettre en scène trois générations de femmes fortes, À voix basse évoque en filigrane l’homosexualité et donne la parole à des héroïnes courageuses et intègres. De retour en Tunisie pour les funérailles de son oncle, Lilia est déterminée à éclaircir le mystère de cette mort soudaine. Elle se retrouve confrontée aux secrets d’une maison qui devient un personnage à part entière du film. « Cette maison où nous avons tourné est celle de ma grand-mère, avant sa destruction, précise la réalisatrice. C’était poignant de jouer ici, tout comme le fait de décrire cette ville de Sousse, qui, l’une comme l’autre et ensemble, incarnent la tension entre tradition et modernité. »
Lilia est interprétée par Eya Bouteraa, magnifique d’intensité et dont la réalisatrice affirme avoir été frappée par la différence entre sa jovialité dans la vie, et sa présence à la caméra, qui laisse entrevoir une mélancolie silencieuse : « Cette présence charismatique était exactement celle que je cherchais. Eya était prête à s’emparer totalement du rôle, malgré le sujet, sans jugement, ce qui n’allait pas forcément de soi. »
Le tout servi par une photographie de Sébastien Goepfer, réalisant un travail d’artiste, et enrichi des compositions du créateur-musicien clarinettiste Yom, « qui ne fait jamais de paraphrase ». Un diamant cinématographique à découvrir en salles le 22 avril prochain.
Sortie en salle ce mercredi 22 avril.
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