À en croire le dernier rapport du Réseau Action Climat, paru ce mardi 21 avril 2026, voyager en train en Europe n’est pas si évident qu’il n’y paraît. Selon la fédération française d’associations environnementales, il est quasiment impossible de trouver un billet sur SNCF Connect et, lorsqu’on y parvient, un retard sur la première correspondance oblige souvent les voyageurs à racheter un second billet au prix fort pour atteindre leur destination, voire à payer une nuit d’hôtel à leurs frais. Pour parvenir à ce constat, 31 liaisons aériennes ayant transporté plus d’un million de passagers entre la France et l’Europe ont été analysées, ainsi que leurs alternatives ferroviaires.
Pourquoi voyager en train vers l’Europe est-il un parcours semé d’embûches ?
Dans son rapport, le Réseau Action Climat souligne en premier lieu le manque de trains directs depuis la France vers l’Europe. En effet, sur les 31 trajets analysés, 4 sont impossibles à effectuer en train dans la journée, 18 nécessitent au moins une correspondance, et seuls 9 disposent d’une liaison directe. Cependant, même lorsque des trains directs existent, les places se font rares. C’est notamment le cas sur la ligne Paris-Barcelone, où seuls deux départs chaque jour sont proposés, ce qui est loin de permettre un véritable report modal depuis l’avion.
Et lorsque les voyageurs se laissent tenter par un trajet avec correspondance, « ils prennent un véritable risque financier », peut-on lire dans le rapport. En cause : si un retard du premier train entraîne une correspondance manquée, ils doivent souvent racheter un billet au prix fort. Une réalité qui concerne plus de 70% des trajets étudiés par le Réseau Action Climat.
Selon la fédération d’associations, SNCF Connect ne serait pas d’une grande aide pour réduire les obstacles rencontrés par les voyageurs. En effet, « la plateforme ne vend pas de billets pour 60 % des trajets avec correspondance depuis la France vers l’Europe« . Par exemple, pour un Paris-Rome via Milan, il faut nécessairement acheter un billet Milan-Rome auprès de Trenitalia ou Italo, qui sont deux opérateurs non disponibles sur SNCF Connect. De plus, la plateforme affiche parfois des tarifs plus élevés que ceux proposés sur d’autres sites.
Quelles sont les revendications faites par le Réseau Action Climat ?
« Le succès du TGV Paris-Berlin (8h de trajet) montre que Français sont prêts à voyager une journée entière en train. C’est une petite révolution ! Les pouvoirs publics doivent accompagner le mouvement, en facilitant la vie des passagers qui veulent choisir le train », a souligné Alexis Chailloux, responsable transports au Réseau Action Climat dans son communiqué de presse.
Dans ce contexte, l’association demande aux pouvoirs publics de contraindre SNCF Connect à distribuer les principales liaisons depuis la France vers l’Europe. Elle souhaite également étendre les droits des passagers à l’ensemble des liaisons ferroviaires en correspondance depuis la France, afin de garantir la poursuite du voyage en cas de retard, ainsi que la prise en charge d’un hébergement si nécessaire.